Deux hommes ont paralysé le trafic aérien colombien le 12 septembre. Se déclarant armés de grenades, ils ont détourné un Dash 8-300 de la compagnie privée Aires Columbia qui devait relier Florencia, dans le Sud du pays, et Bogota.
L’appareil s’est bien posé dans la capitale, à 13h05 en heure locale (20h05 à l’heure de Paris), mais sur une base militaire à proximité de l’aéroport civil El Dorado. Il transportait 25 personnes, dont cinq membres d’équipage.
Pendant toute la durée du détournement, les vols au départ ou à destination de l’aéroport El Dorado ont été suspendus et les autres aéroports du pays ont été placés en état d’alerte maximale. Très rapidement, les deux hommes ont libéré une partie des passagers pour obtenir la médiation de négociateurs du gouvernement et d’un prêtre, puis ont laissé descendre les autres sains et saufs de l’appareil, avant de se rendre à la police au bout de cinq heures.
Il s’agit de la tentative désespérée d’un homme paralysé et de son fils pour attirer l’attention du gouvernement sur leur situation. Il y a 14 ans, la police colombienne a fait une descente à son domicile à la recherche de drogue. Au cours de la perquisition, une balle a été tirée, rendant le père hémiplégique. Au dire du prêtre, il devait recevoir une indemnisation du gouvernement, que celui-ci n’a jamais honorée.
Se déplaçant aujourd’hui en fauteuil roulant, l’homme ne pouvait pas franchir les portails de sécurité de l’aéroport. Il n’est donc pas passé au détecteur de métal et n’a subi qu’un contrôle visuel de la part des agents de sûreté. C’est ainsi qu’il a pu introduire des grenades dans l’appareil. Un réel problème de sécurité se pose donc.
Le Président Alvaro Uribe a demandé dans un communiqué que les autorités de l’aéronautique civile prennent des mesures administratives à l’encontre de tels manquements.