La Camair interdite de vol en France. Cette décision, prise par la DGAC (Direction Générale de l’Aviation Civile) le 16 septembre, intervient après la constatation de nombreux écarts aux normes internationales de sécurité depuis le mois de mai. L’audit demandé par l’autorité aéronautique française avait le 15 septembre pour date-butoir et n’était pas satisfaisant. D’où le triste privilège pour Cameroon Airlines de rejoindre la liste noire pour une durée indéterminée.
Cette proscription de la compagnie publique a été vécue comme un véritable soufflet au Cameroun et les réactions ne se sont pas laissées désirer… Le gouvernement, par la voix du ministre de la Communication Pierre Moukoko Mbonjo, s’est déclaré surpris : l’audit en cours est réalisé par un cabinet indépendant français et le précédent n’avait selon lui révélé aucun fait alarmant. Il a cependant assuré qu’aucune mesure ne serait engagée à l’encontre de la France. Cependant dès l’annonce de l’interdiction, l’Airbus A340 assurant le vol AF946 d’Air France en direction de Douala, la capitale économique, a fait demi-tour, craignant que l’assistance au sol ne puisse être assurée.
Un conflit emmené par les employés
« Il n’y a pas de guerre camerounaise contre Air France et la situation va se normaliser rapidement. » Une déclaration d’intention qui cache une toute autre réalité. Si le Directeur Général de l’Autorité aéronautique camerounaise, Igniatius Sama Juma, cherche à se montrer rassurant, il n’en va pas de même pour les syndicats de personnel de la compagnie incriminée, qui ont riposté du tac au tac en conseillant à Air France et à ses « alliés » de suspendre leurs vols. Ils ont accusé la compagnie française de vouloir empêcher le redécollage de Camair, qui commence juste à se redresser après de graves difficultés financières, afin d’être la seule compagnie à opérer sur la liaison Paris-Douala. Air France a donc annulé ses vols quotidiens vers le Cameroun jusqu’au 19 septembre.
Cette colère des employés de Camair s’est déchaînée sur SN Brussels Airlines à l’aéroport de Yaoundé, la capitale. Le personnel a fermé la piste pour empêcher son appareil de décoller, accusant la compagnie belge d’essayer d’embarquer des passagers d’Air France. L’appareil a finalement été autorisé à repartir mais vide, sans pouvoir transporter ses propres voyageurs. SN Brussels Airlines a également décidé de suspendre ses liaisons.
Face à l’envenimement de la situation, la Camair et les autorités aéronautiques françaises ont entrepris des négociations et sont arrivées à un accord le 17 septembre. Les appareils de Camair resteront cloués au sol en attendant un nouvel audit, qui devrait être effectué d’ici deux semaines. En revanche, les liaisons ont repris le 18 septembre à l’aide de vols affrétés auprès de la jeune compagnie italienne privée Air Italy.