Faisant immédiatement suite au séisme du 11 mars, le premier trimestre de l’année fiscale d’ANA a été plutôt difficile. La compagnie japonaise a publié ses résultats pour la période (avril – juin) le 29 juillet, caractérisée par une importante chute de la demande : le chiffre d’affaires a légèrement diminué et le résultat opérationnel est passé dans le rouge.
Les recettes trimestrielles ont été réduites de 0,6%, à 3,94 milliards de dollars. La perte opérationnelle est devenue négative à 104,85 millions de dollars (contre 37,8 millions de dollars de bénéfice au premier trimestre 2010) et la perte nette s’est creusée, atteignant 108,74 millions de dollars.
Sur le secteur domestique, la compagnie japonaise a constaté un fort déclin de la demande. Le plus bas niveau a été atteint au mois d’avril et, depuis, une reprise se fait sentir, aussi bien auprès des voyageurs de loisirs que des voyageurs d’affaires. En ce qui concerne ces derniers, le niveau du trafic de juin 2011 est quasiment revenu au niveau de celui de juin 2010. Toutefois, une réduction de certaines fréquences et de la taille des appareils sur plusieurs liaisons conjuguées à la mise en place de vols d’assistance vers Sendai, Fukushima et Yamagata ont entraîné une baisse de 14,7% du trafic et de 6,2% des revenus sur le secteur.
Pour les vols internationaux, une reprise s’est fait sentir dès la mi-avril auprès des voyageurs d’affaires. En revanche, elle est très lente chez les voyageurs de loisirs et les touristes désireux de visiter le Japon se font rares. Pour palier cette situation, ANA a lancé plusieurs initiatives, par exemple pour inciter les passagers internationaux à effectuer des vols de connexion par le Japon ou à visiter l’ouest du Japon en réduisant les tarifs. Elle a également suspendu plusieurs routes et réduit ses fréquences. Malgré tout, le chiffre d’affaires a augmenté de 8% et le trafic de 4%.
Le cargo a quant à lui fait un bond. Si les capacités ont été réduites en même temps que la taille des appareils sur le secteur domestique, les volumes ont fortement augmenté grâce à une plus importante nécessité d’acheminer des équipements et fournitures par avion, étant donné la désorganisation des transports routiers et ferroviaires, notamment vers Hokkaido. Sur le secteur international, la baisse des exportations (due aux perturbations sur l’activité industrielle) a été plus que compensée par le transport de matériel d’urgence (eau, médicaments…). Le chiffre d’affaires a ainsi augmenté de 4,6% sur le fret domestique et de 18,1% sur l’international.
Pour l’année 2011, All Nippon Airways s’attend à une légère hausse du chiffre d’affaires mais une baisse du bénéfice net. La compagnie estime en effet que la demande ne retrouvera pas son niveau pré-séisme avant la fin de l’année fiscale. Il lui est également difficile de faire des prévisions précises à court terme en raison de la hausse du prix du carburant et des restrictions de la distribution d’électricité, liées à la baisse de régime de la production nucléaire.