Le NTSB s’intéresse aux conditions de travail des pilotes. Le bureau fédéral américain de la sécurité des transports organise du 12 au 14 mai des auditions publiques à propos de l’accident de Colgan Air au mois de février et s’est focalisé le 13 mai sur la fatigue de l’équipage, qui serait l’une des causes du crash.
L’enquête du NTSB a en effet révélé que l’équipage était fatigué avant même de décoller en raison de l’organisation des activités chez Colgan Air et du faible niveau des salaires, qui empêchent les pilotes de s’installer près de leur lieu de travail. Le commandant de bord et la copilote étaient basés à Newark alors qu’ils habitaient respectivement vers Tampa et Seattle.
Rebecca Shaw, la copilote, avait notamment effectué un vol de nuit entre Seattle et New York avec un changement à Memphis pour se rendre au travail. Elle aurait également régulièrement dormi dans les installations réservées aux équipages, bien que cette pratique soit interdite en raison de la mauvaise qualité du repos due au bruit et au maintien des lumières allumées.
Le bureau pourrait donc demander à la FAA de publier une régulation pour lutter contre la fatigue, notamment en imposant des restrictions sur les vols régionaux de longue distance pour les pilotes habitant loin de leur base.
L’entraînement et le recrutement des pilotes sont également mis en question. L’enregistreur de vol (CVR) a en effet montré que, durant les dernières minutes du vol, l’équipage discutait du manque d’expérience de Rebecca Shaw dans les vols en conditions givrantes, alors qu’ils avaient remarqué la formation de glace sur les ailes. N’ayant pas suffisamment porté attention sur les indications des instruments, ils ont été surpris par l’alarme de décrochage et n’ont pas su suivre les procédures pour y remédier.
L’accident s’est produit le 12 février durant la phase d’approche vers Buffalo. Il a impliqué un Q400 de Bombardier opéré par Colgan Air pour Continental Airlines. On déplore cinquante victimes, les quarante-neuf occupants de l’appareil et une personne au sol, le turbopropulseur s’étant écrasé dans une zone résidentielle proche de l’aéroport.