L’Onera regarde vers le futur. Le centre de recherche aéronautique a présenté son bilan et ses enjeux sur les cinq prochaines années lors d’une conférence de presse le 28 avril. La recherche française se porte bien et est prête à jouer son rôle en France et dans le monde dans les prochaines années.
L’Onera est très présente dans l’aéronautique française. Elle représente 25% de la R&T (Recherche & Technologie) et 60% de la recherche fondamentale du secteur. Elle possède un budget de 200 millions d’euros, dont 80 millions sont fournis par le ministère de la Défense. Les 120 autres millions sont apportés à hauteur d’un tiers chacun par la Défense, les fonds publics – notamment européens – et l’industrie, dont les commandes ont augmenté de 40% en cinq ans, principalement grâce à la forte activité dans le domaine des performances environnementales de l’industrie aéronautique.
Le centre de recherche a donc de l’ambition. Ignorant la crise, il compte embaucher 93 personnes en 2009. Mais surtout, il a défini plusieurs axes stratégiques à suivre pour les cinq années à venir. L’Onera compte tout d’abord renforcer la dualité civil-militaire, c’est-à-dire faciliter le transfert des technologies développées pour l’un des domaines à l’autre. Il souhaite également encourager l’externalisation de la R&T des groupes industriels, comme les équipementiers mais aussi des partenaires aéronautiques non industriels (compagnies aériennes, aéroports…) et des industriels d’autres secteurs. Il n’oubliera pas en revanche les PMI et tentera au contraire de développer ses relations avec elles.
Enfin, l’Onera veut étendre le rôle fédérateur de la recherche. Airbus le soutient dans cette voie : l’avionneur a désigné le centre comme l’un de ses trois partenaires principaux en R&T, ce qui va l’amener à unir les potentiels des autres acteurs. Un contrat de recherche de 30 millions d’euros sur trois ans vient d’être signé. L’Union Européenne permettra également à l’Onera de remplir son rôle de fédérateur : elle l’a sélectionné pour être le chef du projet Swafea, portant sur l’étude des carburants alternatifs pour l’aviation. Dans ce cadre, le centre devra coordonner les travaux d’une vingtaine de partenaires.
![]() L’équipementier, filiale de Safran, étudie en effet plusieurs modèles de motorisation ayant vocation à remplacer le CFM56, produit en partenariat avec General Electric. Snecma travaille notamment sur un Advanced Turbofan, qui pourrait sortir en 2016 et permettrait d’améliorer de 15% la consommation de carburant et de 15dB la trace sonore des appareils. Mais le projet le plus prometteur est l’Open Rotor. Il devrait être prêt pour 2020 et permettre d’améliorer la consommation de carburant d’entre 25 et 30%. D’un diamètre de 4m, cette configuration pose cependant deux problèmes majeurs : l’écoulement de l’air dans l’hélice par rapport à l’appareil et la réduction du bruit (qui n’atteint que 10dB). Snecma s’est donc tourné vers l’Onera. Le centre a en effet deux forces qui intéressent l’équipementier : son savoir-faire en matière de simulation numérique et en matière de matériaux métalliques qui améliorent les performances thermodynamiques. L’Onera a proposé de développer un banc d’essai dédié aux hélices rapides et les aide à développer de nouveaux concepts dans ce domaine, fort de son expertise sur les hélicoptères. |