L’Airbus A350 pourrait trouver une alternative au Trent. Pratt & Whitney a proposé à Airbus d’équiper son nouvel appareil d’une adaptation du GP7000 qu’il a développé dans le cadre de son joint-venture avec General Electric, Engine Alliance. Le motoriste américain a formulé son offre en marge du salon aéronautique de Singapour le 20 février. Si Airbus donne son accord, il deviendrait un nouveau partenaire du programme, qui a franchi quelques étapes importantes ces derniers mois.
Pratt & Whitney a assuré que le GP7000 pouvait être développé pour convenir à chacune des versions de l’A350XWB. Un seul dérivé est actuellement en production, le GP7200 qui équipe l’A380.
L’avenir s’éclaircit pour l’A350. Handicapé dès sa naissance par une conception insatisfaisante et plusieurs lancements, il reste pénalisé par le fait qu’il ne propose pour le moment qu’un seul choix de réacteurs : le Trent XWB de Rolls-Royce. Airbus ne cesse de solliciter General Electric pour qu’il lui fournisse une alternative mais si le motoriste américain semble prêt à adapter son GEnx aux versions -800 et -900 de l’appareil, il ne tient pas du tout à concurrencer son GE90, qui équipe en exclusivité le Boeing 777-300ER, avec l’A350XWB-1000.
Cependant, la présence du GP7000 sur le programme A350XWB impliquerait également General Electric, partenaire d’Engine Alliance. Un argument de poids à présenter à des compagnies comme Air France, dont la fidélité à GE est indéfectible.
L’A350XWB commence également à étoffer son réseau d’équipementiers et partenaires industriels. Plusieurs ont déjà été choisis comme Thales, qui fournira l’avionique et l’équipement de navigation, Messier-Dowty, qui construira les trains d’atterrissage, ou Messier Bugatti, qui sera chargé du système de freinage. Ce dernier pourra peut-être même proposer des freins entièrement électriques (comme ceux du Boeing 787), après la récente réussite des premiers essais sur un appareil commercial (un A340-600) le 13 février dernier.
Mais Airbus est également allé chercher ses partenaires hors d’Europe. Par exemple, Hamilton Sundstrand sera chargé du système de génération de puissance électrique (EPGS), Moog Aviation s’occupera du système de commande principal des gouvernes et Honeywell de l’APU.
Mais tous ne sont pas américains : les industriels chinois seront également présents sur le programme puisqu’un protocole d’accord a été signé stipulant que 5% du fuselage sera produit en Chine, ainsi que divers éléments en composites. Grâce à ces choix, non seulement le programme A350XWB avance, mais il permet à Airbus d’atteindre un autre de ses buts : réduire ses coûts en délocalisant une partie de sa production en zone dollar.