EADS s’enlise dans le programme A400M mais compte toujours sur le soutien de ses clients. Lors de la présentation des résultats annuels du groupe européen le 10 mars, son Président Louis Gallois a indiqué qu’il était possible que l’A400M enregistre des annulations à partir du mois prochain. En revanche, il considère hautement improbable que l’OCCAR (Organisation Conjointe de Coopération en matière d’Armement) utilise sa clause de résiliation.
Le contrat signé par EADS et l’OCCAR stipule en effet que si le premier vol de l’appareil n’a pas eu lieu avant la fin du mois de mars, l’organisme peut annuler l’intégralité de la commande formulée conjointement par les pays associés au lancement de l’appareil à partir du 1er avril. Or, l’A400M ne quittera pas le plancher des vaches d’ici là. Mais si une telle décision était prise, le groupe devrait rembourser 5,7 milliards d’euros à ses clients et fournisseurs.
EADS ne se sent toutefois pas menacé car pour qu’une résiliation pure et simple de toutes les commandes intervienne (180 appareils), il faudra l’accord unanime de tous les pays concernés. Or l’Allemagne, la France et l’Espagne sont prêtes à négocier. Le Royaume-Uni n’a pas confirmé sa position mais ne s’est pas non plus exprimé contre l’appareil.
En revanche, le groupe n’écarte pas tout risque d’annulation. En effet, le contrat stipule que si la livraison d’un appareil est retardée d’un nombre significatif de mois – non précisé – la nation qui doit le recevoir peut l’annuler.
EADS a rappelé qu’il avait proposé une nouvelle approche du programme aux sept nations clientes de l’A400M au mois de janvier. Elle consiste à débuter les premières livraisons trois ans après le vol inaugural de l’appareil – alors qu’elles étaient initialement prévues pour 2009 – et à suspendre la production en série tant que le programme ne serait pas mature, ce qui sera déterminé par les essais en vol. Aujourd’hui, l’OCCAR n’a pas officiellement rendu sa décision sur cette approche. EADS ne peut donc pas encore évaluer les conséquences financières du programme sur les résultats opérationnels du groupe. En 2008, son impact a été négatif de 704 millions d’euros.
Quant à la date du premier vol, elle n’est toujours pas fixée. EADS indique qu’elle dépend totalement de la disponibilité et de la certification du système Fadec, le principal problème à l’heure actuelle. Les turbopropulseurs TP400-D6 d’Europrop International fonctionnent en revanche très bien, d’après les essais conduits sur eux jusqu’à présent.