Une partie du B787 construite par EADS, la maison mère d’Airbus. L’information semble irréelle. C’est pourtant ce qu’a annoncé Vought Aircraft Industries le 17 octobre. L’équipementier aéronautique texan – et indépendant – a publié la liste des entreprises auprès desquelles il va sous-traiter une partie du travail de construction des pièces nécessaires à la production du Boeing 787. La division militaire d’EADS en fait partie.
Dans le contexte actuel de bataille à l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) à propos des subventions gouvernementales qui devaient être accordées à Airbus pour l’A350, cette annonce passerait presque pour un canular. Pourtant, le groupe aéronautique européen va produire la cloison arrière de pressurisation.
De la forme d’un dôme, cette cloison sépare l’arrière de cabine et la partie non pressurisée d’un appareil. Devant donc résister à des différences de pression importantes et répétées, elle est construite d’une pièce, en matériaux composites selon un processus de moulage par transfert de résine sous vide. Seul EADS maîtrise cette technologie pour le moment. La collaboration de son usine allemande d’Augsbourg devrait pourtant être restreinte aux premiers mois de production, selon le Financial Times Deutschland (édition du 19 octobre).
Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce n’est pas là la première coopération des frères ennemis. EADS/CASA a déjà produit des équipements pour les B737 et les B777. Inversement, l’équipementier australien Hawker de Havilland, possédé par Boeing, fournit les extremités d’ailes et les wingtip fences de l’A380. Il a également construit plusieurs pièces pour la famille A320 et la famille A330/A340.
Mais la nouvelle peut sonner comme une revanche pour EADS. Randy Baseler, vice-président de Boeing chargé de la commercialisation, avait accusé l’A350 d’être en retard technologique sur le B787. Le choix de Vought Aircraft Industries montre cependant que la technologie du groupe n’est pas si obsolète.