L’ecoJet d’easyJet (lire l’article) a fait sensation lors de sa présentation. Cependant, sa principale « innovation » par rapport aux appareils d’aujourd’hui date de plus de vingt ans. Le concept de propulsion par « propfan » a en effet été présenté au public au salon de Farnborough de 1988 par General Electric. Le constructeur américain lançait alors son UDF (UnDucted Fan), le GE36.
L’architecture du propfan est basée sur celle d’un réacteur classique, à l’exception du fait que le fan est situé hors de la nacelle. Contrairement au turbopropulseur, il reste sur le même arbre que le compresseur. Le but est d’obtenir les mêmes performances et les mêmes vitesses que le turboréacteur mais avec l’économie de carburant du turbopropulseur. Le propfan devait réduire de 20 à 30% la consommation de kérosène des appareils en croisière à mach 0.8.
C’était là son principal intérêt et l’optique dans laquelle il avait été développé. Né au lendemain du premier choc pétrolier de 1973, il devait calmer les très vives inquiétudes du gouvernement américain concernant la consommation de carburant de la flotte du pays. La NASA avait donc lancé en 1976 un programme global visant à rendre l’aviation plus efficace énergétiquement (l’ACEE), dont le retour au turbopropulseur était l’un des six projets, le plus radical et le plus ambitieux. Hamilton Standard, Pratt & Whitney, Alliston et General Electric y participaient.

Deux concepts de propfan ont été développés. Le 578-DX, premier prototype de la NASA, Pratt & Whitney et Alliston, a effectué son premier essai en 1989. Mais il avait trois ans de retard sur celui de General Electric, qui avait développé son GE36 en parallèle et l’avait testé en 1986. Ce dernier était le plus performant avec son système propulsif contre-rotatif et l’absence de boîte de transmission.
Cependant, malgré les preuves de l’efficacité des deux types de propfan, ceux-ci n’ont jamais intégré le service commercial. A la fin des années 80, les chocs pétroliers n’étaient plus qu’un mauvais souvenir et le prix du baril était retombé, réduisant l’intérêt du propfan. Cette fois, la technologie est prête au moment de la flambée des prix et de la prise de conscience parallèle de l’inquiétude des méfaits du réchauffement climatique. Peut-être le GE36 va-t-il avoir l’occasion de descendre de son piédestal à Everett et d’entrer dans le service actif.
