ATR est fidèle à la tendance actuelle aux résultats exceptionnels. Filippo Bagnato, Président exécutif du constructeur franco-italien, a dévoilé ses résultats annuels le 23 janvier lors d’une conférence de presse. Le chiffre d’affaires de la compagnie a bondi de 15% par rapport à 2004, atteignant ainsi les 542 millions de dollars (selon les nouvelles normes comptables internationales). Et selon lui, le marché des turbopropulseurs a de beaux jours devant lui.
Aussi confortable et spacieux qu’un jet régional mais moins gourmand en onéreux carburant, le turbopropulseur a su faire valoir ses atouts pour profiter de la croissance du marché régional constatée partout dans le monde. Ce dernier étant en pleine expansion, les appareils de plus grande capacité rencontrent davantage de succès. Commandes et livraisons le montrent bien : l’ATR 72-500, pouvant transporter entre 68 et 74 passagers, remporte plus de deux tiers des suffrages.
Les commandes fermes comptent 90 appareils neufs, 17 ATR 42-500 et 73 ATR 72-500. 26 options les accompagnent. En 2004, le constructeur n’avait enregistré que 12 commandes. L’Inde a été un client particulièrement important cette année : deux compagnies aériennes font partie des onze clients d’ATR et représentent plus de 50% des ventes réalisées. Air Deccan et Kingfisher Airlines ont en effet respectivement commandé 30 et 20 ATR 72-500.
Si le nombre de commandes a été multiplié par 7,5 par rapport à 2004, la cadence de production est restée quasiment la même et les livraisons ont concerné une quinzaine de turbopropulseurs (13 en 2004), dont 10 ATR 72. Les commandes en attente de livraison sont ainsi devenues imposantes et se montent à 89 appareils.
Les projets du constructeurs pour 2006 sont donc simples : continuer d’améliorer ses appareils de nouvelle génération et augmenter sa productivité. ATR aspire en effet à effectuer 25 livraisons cette année et à pousser jusqu’à 40 en 2007. La conséquence serait le doublement du chiffre d’affaires en 2007 par rapport à celui de 2004, atteignant ainsi le milliard de dollars.
ATR va également se rapprocher de ses clients. Les centres de distribution européen et américain vont être déplacés, l’un de Toulouse à Roissy, l’autre de Washington à Miami, avec l’Amérique Latine en ligne de mire. Deux centres de pièces de rechange seront également ouverts, à Auckland (Nouvelle-Zélande) et à New Dehli. Cette dernière implantation traduit bien l’intérêt qu’ont les constructeurs pour l’Inde. ATR aussi va investir dans ce pays au marché aérien plus que prometteur. Un centre de support et des centres de formation vont y voir le jour, et peut-être, dans le futur, un centre de maintenance.