2006 est définitivement un cru étrange chez Airbus. Son Président Louis Gallois a dressé ce matin, le 17 janvier, le bilan de ce millésime qu’il a de nouveau qualifié d’extraordinaire et de catastrophique à la fois. Les commandes et les livraisons restent en effet dignes des meilleures années du constructeur européen, mais Airbus perd la place de leader du marché, dans laquelle il s’était maintenu cinq ans, face à Boeing et risque de peser lourdement sur les comptes d’EADS.
Airbus a présenté l’ensemble du marché pour 2006. 1.834 commandes fermes ont été passées auprès des deux constructeurs : 790 pour Airbus et 1.044 pour son concurrent américain. Airbus lui cède donc son titre de plus gros vendeur et ne posséde plus que 43% des parts de marché. En revanche, les livraisons ont été particulièrement soutenues et ont atteint 434 appareils d’une valeur de 26 milliards d’euros. Un record pour le constructeur européen qui devance Boeing de 36 appareils dans ce domaine.
Le backlog, commandes en attente de livraison, s’élève quant à lui à 2.533 appareils. Là encore, il s’agit d’un record pour le constructeur qui a ainsi au moins cinq ans de travail de production assurés, si le rythme soutenu des livraisons se maintient à ses taux actuels. Tous ces chiffres associés au nouveau lancement de l’A350XWB et à celui, annoncé le 17 janvier, de l’A330-200F (Freighter) penchent donc en faveur d’un bilan plutôt positif.
Cependant, EADS a parallèlement publié un avertissement sur les profits. Les difficultés rencontrées dans le câblage de l’A380 et les deux ans de retard du programme, qui ont considérablement freiné les prises de commande au premier semestre, les coûts associés au lancement de la nouvelle version de l’A350 et les premières répercussions du plan Power 8, qui n’étaient pas attendues avant 2007, devraient conduire à la publication d’un EBIT (résultat opérationnel) négatif pour le constructeur. D’autant plus qu’il souffre toujours de la faiblesse du dollar par rapport à l’euro. Airbus dévoilera au mois de février les détails de son Power 8, plan à long terme destiné à assainir sa situation et restructurer le constructeur pour le rendre plus efficace.