Méaulte et Saint-Nazaire resteront un peu plus dans le giron d’Airbus. L’avionneur européen a interrompu le 7 mai les négociations qu’il poursuivait avec Latécoère pour la reprise des deux sites, une disposition du plan de restructuration Power 8. Conformément à ce que réclamaient les syndicats français depuis quelques semaines, Airbus va donc agir comme en Allemagne : les deux usines seront filialisées.
L’avionneur ne renonce pas cependant à sa stratégie d’externalisation. La filialisation des sites de Méaulte et Saint-Nazaire pourra mener ensuite à un partenariat puis, plus tard, à une vente. C’est le même schéma qui a été appliqué en Allemagne avec les trois sites d’Augsbourg, Varel et Nordenham après l’échec des négociations avec MT Aerospace.
Airbus a évoqué le contexte financier actuel comme cause d’échec. Dans une conjoncture difficile, avec la parité euro-dollar qui se dégrade de jour en jour, les deux constructeurs n’ont pu trouver une solution viable. En revanche, tous deux ont réaffirmé leur attachement à ce que Latécoère reste un partenaire majeur du programme A350XWB : ils vont donc étudier d’autres formes de partenariat.
La cession des sites devait prendre la forme d’un joint-venture dans lequel Airbus conserverait une part minoritaire substantielle. Mais l’avionneur se serait également réservé le droit de se retirer au bout de trois ans. Il aurait ainsi pu superviser les différentes phases du programme A350XWB tout en diminuant ses frais. Les investisseurs devenaient quant à eux de fait des partenaires à risque du programme. Ils auraient partagé avec Airbus ses investissements, ses risques puis ses bénéfices, tout en travaillant sur le développement des technologies futures, notamment les matériaux composites.
Les négociations se poursuivent en revanche pour les sites de Filton, au Royaume-Uni, et de Laupheim, en Allemagne, ce dernier n’ayant rien à voir avec le programme A350XWB. Elles devraient être finalisées prochainement. Le site de production des ailes d’Airbus devrait être cédé à GKN.