Non, le CSeries n’est pas de l’histoire ancienne. Au contraire, Bombardier le considère plutôt comme un appareil du futur. Pour rester en cohérence avec cette vision, le constructeur canadien a annoncé le 31 janvier qu’il repoussait une éventuelle mise en service de son jet de 100 à 130 places de trois ans à 2013. La raison : beaucoup de modifications devraient être apportées au concept initial, les compagnies travaillant sur le projet préférant un appareil utilisant les dernières technologies plutôt que basé sur le compromis.
Pierre Beaudoin, le Président de Bombardier, a assuré que le constructeur poursuivait le développement du programme et qu’une équipe de 50 personnes travaillait depuis un an à affiner le plan d’affaires. Il concerne le design de l’appareil, la technologie employée et l’élaboration de partenariats avec les fournisseurs potentiels.
L’attention du constructeur se porte tout particulièrement sur l’utilisation des nouvelles technologies. D’où le report à 2013 de la sortie de l’appareil : il n’arrivera sur le marché que lorsque Bombardier sera sûr de pouvoir proposer les meilleurs développements aux compagnies, ceux-ci étant actuellement encore en développement. Il envisage notamment un emploi plus important des matériaux composites dans les ailes et le fuselage.
Il étudie également l’usage de nouveaux réacteurs permettant de réduire les coûts opérationnels de 15%. Parmi les possibilités, celle du turbogear a été envisagée. Cependant, Bombardier ne s’est encore décidé sur rien, pas même sur le motoriste. Les négociations sont toutefois plus avancées avec Pratt & Whitney car le constructeur travaille sur le programme depuis ses débuts.
Le CSeries devait avoir deux variantes, le C110, de 110 places, et le C130, de 130 places, eux-mêmes disponibles en version standard ou avec un rayon d’action accru. Bombardier fonde de grands espoirs sur cet appareil, qui devrait lui ouvrir les portes d’un nouveau segment de marché : la partie inférieure de celui des appareils de 100 à 149 places, sur laquelle se situent les plus petits des monocouloirs d’Airbus et de Boeing. Il l’évalue à 5.800 jets sur 20 ans. Un nouveau point sur le programme sera effectué au mois de mars.