Le BEA a remis le 14 août son rapport final sur la sortie de piste survenue le 29 mars 2013 à l’aéroport de Lyon et impliquant un A321 d’Hermes Airlines. Le bureau d’enquêtes a conclu que l’incident était dû à une erreur de l’équipage, qui a poursuivi une approche non stabilisée et n’avait pas une conscience adéquate de la situation. La fatigue a été un facteur contributif.
L’A321 immatriculé SX-BHS réalisait une rotation entre Lyon – Dakar – Lyon pour le compte d’Air Méditerranée. L’équipage effectuait le vol retour, qui s’était allongé en raison d’un retard d’approvisionnement à Dakar et de la nécessité de réaliser une escale technique à Agadir. Le copilote était aux commandes. La visibilité était réduite à Lyon, requérant d’appliquer les procédures d’exploitation par faible visibilité (LVP).
A une altitude de 1000 pieds, l’approche n’était toujours pas stabilisée et la vitesse était supérieure de 57 nœuds à la vitesse d’approche requise de 141 nœuds. A 150 pieds, une anomalie de fonctionnement du système d’auto-poussée a provoqué une augmentation de la poussée des moteurs (ce qui se produit quand la vitesse est supérieure de plus de 10 nœuds à la vitesse d’approche), allongeant le temps de survol de la piste, et une action correctrice de l’équipage n’a eu lieu que tardivement : l’auto-poussée n’a été désengagée qu’à 9 pieds. Durant ce temps, la phase d’arrondi a été prolongée, en raison de ce problème de poussée mais aussi de la décision du commandant de bord de prendre les commandes et d’un phénomène de double pilotage de neuf secondes.
L’appareil a touché à 1 600 mètres du seuil de la piste 36R à une vitesse sol de 154 nœuds. Il en est sorti et s’est immobilisé à 300 mètres du seuil opposé. A aucun moment, l’équipage n’a envisagé une remise de gaz.
Le BEA indique que les différentes erreurs des pilotes témoignent d’une relative inexpérience mais surtout d’une fatigue excessive. Au moment de l’accident, ils approchaient des 15 heures de service.








