La guigne ! Steve Fossett a été poursuivi par la malchance mais son mérite est d’autant plus grand. Le milliardaire américain a réussi à battre les deux records du monde qu’il visait le 11 février. Mais après un vol déjà difficile, l’atterrissage s’est révélé épique. Son appareil, le Virgin Atlantic GlobalFlyer, a connu un grave dysfonctionnement électrique, obligeant l’aventurier à se poser en urgence à l’aéroport de Bournemouth au lieu de celui de Kent, en Angleterre.
Il a tout de même parcouru 26.389 miles (42.460 km) et passé 76 heures et 45 minutes dans les airs, décrochant ainsi le record du monde du plus long vol, que l’on considère sa durée ou sa distance, sans escale et en solitaire. Un voyage digne de l’Odyssée d’Ulysse.
Des débuts éprouvants
Ce périple n’était pas placé sous les meilleurs auspices. Le départ du Cap Canaveral en Floride avait tout d’abord été reporté d’une journée et fixé au matin 8 février en raison d’une fuite de carburant détectée dans le réservoir. L’appareil a ensuite eu besoin d’une distance plus grande que prévu pour décoller, a donc consommé davantage d’un carburant déjà restreint et a rencontré une nuée d’oiseaux durant la phase de montée. Deux d’entre eux ont heurté l’appareil, sans causer de dégâts.
La température dans le cockpit est montée anormalement haut, à 49°C, durant un moment rendant les conditions de pilotage encore plus difficiles que prévues. Puis une nouvelle fuite de carburant s’est déclarée en vol. Les vents d’altitude n’ont pas non plus toujours été favorables, parfois trop faibles, parfois trop impétueux. Ils ont notamment malmené l’appareil et son pilote lors du survol de l’Inde où Steve Fossett a endossé son parachute craignant que les ailes du GlobalFlyer ne se brisent… Tout cela laissait augurer de nouvelles péripéties lors de l’atterrissage.
“It was too exciting of a finish” Steve Fossett
Une arrivée exaltante ? Alors que Steve Fossett s’apprêtait à descendre de son altitude de 40.000 pieds pour atterrir à l’aéroport de Kent, un grave dysfonctionnement électrique est survenu dans le générateur. L’appareil ne pouvait plus utiliser que l’énergie de ses batteries. Atteindre Kent est alors devenu impossible et l’aéroport de Bournemouth a été choisi par le pilote pour y effectuer un atterrissage d’urgence.
Steve Fossett s’est posé sur la piste avec une visibilité très réduite en raison de la présence de glace sur la vitre du cockpit. Mais il était hors de question de tourner au-dessus de l’aéroport anglais en attendant qu’elle fonde puisque l’appareil ne transportait plus assez de carburant.
Le contact au sol, à 17h07 heure locale (18h07 à l’heure de Paris) le 11 février, a l’ultime témoignage du sort qui a poursuivi cet exploit : les pneus ont éclaté en touchant le tarmac.
Le milliardaire américain a fini par rejoindre son but, Kent, en compagnie de Richard Branson pour une conférence de presse. Mais ce à bord de son propre jet d’affaires, un Citation X, et dans des conditions beaucoup moins mouvementées.