Le nouvel aéroport de Bangkok entre en scène. Adieu Don Muang et son golf entre les pistes, Suvarnabhumi a officiellement inauguré ses opérations commerciales le 28 septembre à 3h05 heure locale avec l’atterrissage d’un appareil cargo de Lufthansa en provenance de Bombay.
A 4h10, le premier vol international de transport de passagers, celui d’Aerosvit Airlines en provenance de Kiev, s’est posé sur les pistes de la « terre de l’or ». Les passagers ont connu quelques désagréments ce matin dus à des défaillances techniques, mais les responsables de l’aéroport ont assuré que les problèmes étaient mineurs et que Suvarnabhumi était prêt à jouer son rôle.
Le nouvel aéroport international de Bangkok avait déjà répété devant un parterre de spectateurs privilégiés. Il accueille en effet certains vols depuis le 15 septembre, date de son ouverture partielle aux opérations domestiques. Aujourd’hui a lieu sa première : il assure toutes les opérations commerciales de Bangkok et consacre la fermeture de l’ancien aéroport Don Muang.
La précipitation et le spectre des retards successifs qui ont repoussé son ouverture sont toujours visibles sur les décors. Les aménagements ne sont pas encore tout à fait finis, des matériaux de constructions traînent toujours dans l’aérogare et les boutiques duty-free ne sont pas toutes prêtes à ouvrir leurs portes au consommateur. Plus gênant, des fuites ont été repérées à plusieurs endroits du toit grâce aux orages qui sévissent sur la capitale thaïe.
Les passagers ont également connu quelques mauvaises expériences. Les premiers arrivants ont été obligés d’attendre une heure avant de pouvoir récupérer leurs bagages. Une panne informatique est survenue aux comptoirs d’enregistrement de Thai Airways, la compagnie nationale, obligeant les agents d’escale à éditer les billets à la main. Mais pannes et retards sont monnaie courante lors de l’entrée en service d’un nouvel aéroport.
Suvarnabhumi, ainsi baptisé par Sa Majesté le roi de Thaïlande Bhumibol Adulyadej, représente un investissement de 4 milliards de dollars. Il en a résulté un bâtiment ultramoderne, qui se veut le plus grand du monde avec une surface de 563.000m². Il comprend sept étages au-dessus du sol, deux au-dessous, et est subdivisé en sept terminaux, dont deux sont consacrés aux opérations domestiques. Il possède également la plus haute tour de contrôle du monde, qui culmine à 132m.
Les appareils peuvent atterrir sur deux pistes de 60m de large, l’une de 3.700m et l’autre de 4.000m de long, séparées de 2.200m. Deux mouvements peuvent ainsi avoir lieu en même temps. Au sol, le nouvel aéroport de Bangkok offre 120 aires de stationnement dont 51 au contact. Parmi elles, l’Airbus A380 a huit places pouvant l’accueillir dont cinq au contact.
Aujourd’hui, Suvarnabhumi est capable de gérer 76 vols par heure et 45 millions de passagers par an. Le terminal cargo, de 190.000m², peut manipuler 3 millions de tonnes de fret par an.
Mais l’aéroport est voué à s’agrandir. Deux nouvelles pistes devraient s’ajouter à celles déjà opérationnelles, la troisième étant quasiment terminée, ainsi qu’un autre terminal principal et deux satellites. A terme, il devrait pouvoir accueillir 100 millions de passagers et 6,4 millions de tonnes de fret chaque année. Egalement en construction, une liaison ferroviaire devrait relier en novembre 2007 Bangkok à l’aéroport, situé à 26km au sud-est de sa capitale.