Une erreur de pilotage est à l’origine de l’accident de l’A310 de Sibir Airlines survenu à Irkoutsk en juillet 2006. C’est ce que confirme le rapport final de l’accident publié par l’Interstate Aviation Committee de la Communauté des Etats Indépendants le 23 novembre. Le CDB, aux commandes lors de l’atterrissage manuel, a effectué une fausse manipulation qui a mené à sa sortie de piste.
L’accident est survenu le 9 juillet à 7h44 heure locale (0h44 à l’heure de Paris), alors qu’un Airbus A310-300 de la compagnie russe Sibir Airlines, aujourd’hui rebaptisée S7, effectuait son atterrissage à Irkoutsk. L’appareil, acquis en leasing auprès d’Airbus et immatriculé F-OGYP, venait de Moscou (Domodedovo) et transportait 203 personnes, dont deux pilotes et six PNC. Il est sorti de piste, a percuté une barrière et plusieurs garages, s’est disloqué et a pris feu, faisant 125 victimes.
La cause principale de l’accident est une succession d’erreurs des deux PNT. L’inverseur de poussée du réacteur gauche ne fonctionnait pas et se trouvait donc en position « idle » au moment de l’atterrissage. Afin d’augmenter l’efficacité du freinage, le capitaine a voulu activer l’inverseur du réacteur droit. Ce faisant, il a malencontreusement déplacé le levier du réacteur gauche, remettant ainsi les gaz et faisant accélérer l’A310. La poussée du moteur n°1 a ainsi atteint jusqu’à 60% de la puissance décollage.
Le rapport indique que l’équipage aurait eu le temps de corriger l’erreur. Cependant, le copilote n’a pas suffisamment surveillé la vitesse et les paramètres moteurs : l’équipage a été incapable d’identifier le problème et n’a donc ni remis la manette du réacteur en position « idle », ni coupé les réacteurs. L’appareil a franchi le seuil de piste à une vitesse de 182 km/h, 17 km/h de plus que la vitesse minimum atteinte 20 secondes après le touché.
Le rapport épingle également la maintenance un petit peu trop laxiste de Sibir Airlines et le manque de contrôle des autorités russes qui permettent aux appareils de voler alors qu’ils accumulent les défauts devant être corrigés « plus tard ».
L’appareil avait en effet décollé de Domodedovo avec six pannes, conformes à la liste minimale d’équipements, dont l’inverseur de poussée en cause, l’un des deux pilotes automatiques et le second système de manœuvre des volets de sustentation. Des lacunes ont également été constatées au niveau de la formation des équipages, la compagnie Sibir ayant permis à des commandants de bord issus d’appareils pilotés à trois d’accéder directement à la place gauche sur des avions de lignes occidentaux sans passer par une phase OPL.
Pour consulter l’intégralité du rapport final de l’Interstate Aviation Committee présent sur le site du BEA au format pdf, cliquez-ici !