Après dba en 2006, ce sera LTU. La compagnie allemande à bas coûts a dévoilé le 27 mars qu’elle avait acquis la totalité des parts du transporteur allemand de loisirs pour 140 millions d’euros et repris ses 190 à 200 millions de dettes. Devenant la quatrième compagnie européenne, elle se lance ainsi sur le secteur long-courrier, tout en se renforçant sur l’aéroport de Düsseldorf.
Ce dernier point a été décisif pour Air Berlin. La capitale du Land Rhénanie-du-Nord-Westphalie est en effet le cœur de l’un des marchés au potentiel le plus important d’Europe. Mais les créneaux sont chers dans son aéroport et trop rares pour qu’Air Berlin puisse s’y développer en solitaire. Le rachat de LTU va lui permettre d’y améliorer sa présence. Celle-ci devrait pour le moment conserver son nom et son indépendance au sein du groupe. Elle aura sa propre équipe de direction.
De nombreuses synergies possibles
Si les autorités fédérales antitrust approuvent le rapprochement, l’acquisition sera financée par l’émission d’environ 250 millions d’euros en actions et obligations convertibles par Air Berlin. Ce sera une sorte de retour aux sources pour Joachim Hunold, le Président d’Air Berlin, qui avait auparavant passé une dizaine d’années dans l’équipe de direction de LTU. Celui-ci espère réaliser entre 70 et 100 millions d’euros annuels de synergies, sans pour autant recourir au licenciement. Air Berlin pourra par exemple obtenir des réductions sur les taxes aéroportuaires.
L’intégration des deux réseaux éliminera les doublons qui existent sur l’Europe méditerranéenne. Elle sera particulièrement rapide sur le réseau domestique puisque LTU n’y réalise qu’une seule liaison, Düsseldorf – Munich. La compagnie charter exploite aujourd’hui une quinzaine d’appareils moyen-courriers et onze long-courriers (onze A320, quatre A321, huit A330-200 et trois A330-300). Elle a transporté 5,3 millions de passagers en 2006, quand Air Berlin en a accueilli 16,8 millions sur ses 93 appareils.
La diversification, leitmotiv d’Air Berlin
La partie de son programme qui intéresse particulièrement Air Berlin est le long-courrier, notamment ses vols vers la République Dominicaine, les Etats-Unis et la Thaïlande. Forte de cette volonté de diversification de son offre, appuyée par la demande des passagers, la low-cost a conclu un autre accord avec une autre compagnie allemande spécialisée dans le vol de loisir : Condor Airlines. Toutes deux partageront leurs codes sur un certain nombre de vols domestiques et internationaux qui pourront également concerner le réseau LTU. L’entente avec Condor remplace l’accord de codeshare qui était en vigueur avec Hapagfly avant que celle-ci ne fusionne avec Hapag Lloyd pour créer TUIfly.
Elle permet à Air Berlin d’élargir son système de vente. La low-cost vend en effet la quasi-totalité de ses billets sur Internet à des passagers individuels, notamment des voyageurs d’affaires. LTU et Condor passent essentiellement par des tour-opérateurs et des agences de voyage. LTU avait d’ailleurs envisagé de diversifier cette méthode de vente en se tournant davantage vers les voyageurs individuels au début du mois. Elle avait alors également fait part de son souhait de se rapprocher de Condor pour développer son réseau domestique.
Les consolidations déferlent sur le ciel européen
L’annonce de ces deux accords a eu lieu lors de la publication de bons résultats pour Air Berlin. La low-cost est devenu rentable et a enregistré un bénéfice net de 50,1 millions d’euros, alors que ses pertes s’élevaient encore à 115,9 millions d’euros il y a un an. Le chiffre d’affaires, de 1,57 milliard d’euros, a augmenté de 29,6%, porté depuis septembre par l’intégration de dba, l’ancienne filiale de British Airways en Allemagne, rachetée en août 2006. Mais la deuxième compagnie allemande ne s’est pas arrêtée là. Elle a également acquis une participation de 49% dans la compagnie suisse Belair, témoignant ainsi de sa volonté de se renforcer sur le marché helvète.
Les fusions et rapprochements se font de plus en plus nombreux dans le ciel européen depuis ces derniers mois, y compris en dehors de l’empire Air Berlin. Après la fusion entre Swiss et Lufthansa, les compagnies du groupe TUI, dont Corsair et Jetair, sont en train de toutes se regrouper progressivement sous la bannière TUIfly. Quant au groupe allemand, il a fusionné avec le groupe britannique First Choice la semaine dernière. La même chose s’était produite auparavant du côté de Thomas Cook, qui avait annoncé son mariage avec MyTravel le 12 février. Et les choses ne devraient pas en rester là. L’accord de libéralisation conclu entre l’Europe et les Etats-Unis le 22 mars pourrait provoquer d’autres consolidations dans le ciel européen pour lutter face aux compagnies américaines. La rumeur court déjà sur un rapprochement entre Virgin Atlantic et bmi…