Les résultats d’Aéroports de Paris ont été très bons. Mais face à une augmentation du nombre de passagers de 7,4% (3,7% hors effet du volcan islandais en 2010) ainsi qu’une forte croissance du résultat opérationnel et du résultat net, la faiblesse de la hausse du chiffre d’affaires peut étonner : +1,8%. Trois événements ont en effet eu un impact sur sa progression : la vente de la filiale Masternaut, les événements en Libye et une modification de l’équilibre dans la répartition du trafic (mix trafic).
L’intervention de l’OTAN en Libye a eu un impact direct sur l’activité de la filiale d’ingénierie ADPi en suspendant plusieurs de ses contrats dans le pays. ADPi travaillait notamment à la construction d’un nouveau terminal passager à l’aéroport international de Tripoli (image). La suspension de ces contrats, d’une valeur de plusieurs dizaines de millions d’euros, a pesé 16 millions d’euros sur le chiffre d’affaires d’Aéroports de Paris au premier semestre. Pour la filiale, les événements ont contribué à une chute de 30,5% du chiffre d’affaires à 37 millions d’euros.
Aéroports de Paris a également indiqué que la chute de trafic vers l’Afrique, le Moyen-Orient et le Japon avait été compensée par une croissance particulièrement importante sur les secteurs domestique et européen. Ils représentent la part la plus importante de son CA mais rapportent moins que le long-courrier.
Le trafic intérieur a enregistré une croissance soutenue de 9,7% (contre -4,7% au premier semestre 2010), ayant profité de l’effet négatif en 2010 des grèves du contrôle aérien et du volcan islandais. Cependant, Pierre Graff a souligné qu’on notait un net regain de compétitivité du transport aérien grâce à un effort tarifaire consenti par Air France (la Navette a vu son trafic croître de 8,5%) et au dynamisme des low-cost.
Celles-ci ont également contribué – aux côtés de la désaffection de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient – au dynamisme du secteur européen, qui a enregistré une croissance de 11,2% de son trafic (contre -3,3% à la même période de l’année précédente).
Au total, les compagnies à bas coûts ont enregistré une hausse de trafic de 16,7% dans les aéroports parisiens et en représentent désormais 13,8%.