Les deux comités d’enquête, russe et polonais, sont d’accord, mais pas tout à fait. La commission d’enquête du gouvernement polonais, chargée de déterminer les circonstances de l’accident du Tupolev 154M présidentiel en avril 2010 à Smolensk, a rendu ses conclusions le 29 juillet. Elle reconnaît que la cause principale de l’accident est une erreur de pilotage mais pointe les responsabilités du côté russe.
Le rapport final russe avait conclu à l’entière responsabilité de l’équipage polonais dans l’accident, celui-ci n’ayant pas voulu se dérouter vers un aéroport plus sûr (Smolensk était couvert d’un épais brouillard) et pointant du doigt la pression psychologique exercée sur les pilotes du fait de la présence dans le cockpit du Général Andrzej Blasik. Il avait également souligné le manque de préparation de l’équipage.
Le rapport polonais ne remet pas en question le fait que la cause principale ait été une erreur de pilotage. Il reconnaît le manque de formation de l’équipage : un seul des quatre pilotes à bord était régulièrement certifié pour piloter le Tu-154M et un seul était capable de communiquer en russe. Le commandant tout autant que le copilote et le navigant avaient été entraînés à la hâte et en violation avec toutes les règles de formation. Ils n’avaient que peu d’expérience de vol en conditions difficiles et d’atterrissage sans assistance d’un système ILS.
Toutefois, selon le rapport polonais, aucune preuve ne permet d’affirmer que l’équipage ait subi une quelconque pression pour tenter l’atterrissage. Le Général Andrzej Blasik n’aurait été présent dans le cockpit qu’en tant que simple observateur.
Mais surtout, les enquêteurs estiment que la Russie a elle aussi des responsabilités. L’aéroport de Smolensk n’était pas prêt à accueillir des vols, contrairement à ce qu’elle estimait : les équipements y sont hors d’usage et incomplets, notamment le système de signalisation lumineuse. Ils estiment également que les contrôleurs russes ont transmis des informations de navigation erronées.
Le 10 avril 2010, Le Président Lech Kaczynski et de nombreux officiels polonais avaient décollé de Varsovie pour se rendre aux commémorations marquant le 70e anniversaire du massacre de Katyn. Ils ont embarqué dans le Tupolev 154M de l’armée de l’Air portant le numéro de série 101. Arrivant à leur aéroport de destination, Smolensk Severny, l’équipage a décidé de tenter un atterrissage alors que la visibilité était très mauvaise. L’appareil a heurté la cime des arbres et s’est écrasé, ne laissant aucun survivant parmi ses 96 occupants.