Les comptes d’Alitalia sont en pleine hémorragie. La compagnie italienne a publié le 23 mars ses résultats pour l’année 2006 : ses pertes avant impôts ont quasiment triplé depuis le 31 décembre 2005 et atteignent 405 millions d’euros, ce qui signifie qu’Alitalia perd plus d’un million d’euros par jour.
Pourtant la compagnie italienne n’a enregistré qu’une faible baisse de son chiffre d’affaires. De 4,8 milliards d’euros en 2005, il est passé à 4,7 milliards au 31 décembre 2006, une diminution de 1,65%. Mais Alitalia a dû faire face au manquement de ses objectifs de réduction des coûts, aggravé par les appels à la grève des syndicats, l’augmentation des prix du carburant et la concurrence croissante des compagnies à bas coûts, toujours plus nombreuses.
Le déficit opérationnel a ainsi été multiplié par 5,6 : il était de 47,5 millions d’euros en 2005 et s’élève aujourd’hui à 265,6 millions. Mais Alitalia s’est voulu rassurante et a affirmé qu’elle avait suffisamment de trésorerie pour soutenir ses opérations au moins un an.
Ceci pourrait bien être le seul argument de vente à la portée de la compagnie nationale au vu de ses résultats. Car l’Etat veut revendre une partie voire l’intégralité de ses parts dans la compagnie, blasé par les pertes continues depuis huit ans. Le ministère de l’Economie et des Finances détient 49,9% d’Alitalia et veut revendre au moins 39,9%, une proportion qui a augmenté par rapport au moment de l’appel d’offres puisqu’elle était alors de 30,1%. Onze candidats avaient déposé une proposition le 29 janvier, un nombre que l’Etat avait réduit à cinq en février. Ils doivent présenter une offre préliminaire d’ici le 16 avril.