2005 est une année record pour l’industrie aéronautique française. Après que tous les grands groupes (EADS, Airbus ou Dassault) ont publié d’excellents résultats traduisant une très forte croissance dans le secteur, le GIFAS (Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales) en a tiré un bilan. Explosion des commandes, en augmentation de 48% par rapport à 2004, chiffre d’affaires non consolidé en hausse de 7,5% à 28,1 milliards d’euros résument à eux seuls les conclusions que Charles Edelstenne, le Président du GIFAS, a pu tirer le 14 mars, lors de sa présentation.
Le chiffre d’affaires du secteur aéronautique et spatial est principalement dû au marché civil qui représente 68% du résultat et a augmenté de 8,7% depuis 2004. Le secteur de la Défense a également enregistré une hausse, de 4,9%. Seuls les chiffres du domaine spatial stagnent, malgré la reprise des lancements d’Ariane 5 ECA, principalement en raison du recul des activités françaises. L’essentiel du chiffre d’affaires est dû à l’exportation : elle représente 72% du CA consolidé, estimé à 22,9 milliards d’euros.
Le montant des commandes atteint également des sommets. D’une valeur de 51,7 milliards d’euros, celui-ci enregistre une progression de 48% par rapport à 2004. 81% de cette cagnotte, c’est-à-dire 41,6 milliards d’euros, sont dus aux commandes à l’exportation, propulsées par Airbus et les achats des compagnies low-cost et asiatiques auprès du constructeur européen. Mais Charles Edelstenne n’a pas manqué de rappeler que cette progression ne se renouvellerait probablement pas en 2006 et que cette année à venir serait plutôt marquée par la consolidation.
Difficultés en vue
Ce qui mène aux points noirs de ces résultats. Le secteur « électronique de défense et de sécurité », nouvellement introduit dans le giron du GIFAS, est en recul par rapport à 2004, de 3% pour le CA et de 14,5% pour les commandes. Les équipementiers quant à eux ont également profité d’une hausse globale de leurs activités mais celle-ci risque d’être mise en difficulté par la pénurie de main-d’œuvre. Les cadences de production vont en effet devoir s’accélérer malgré le faible taux d’embauche : si 8.000 recrutements sont venus grossir les rangs de l’industrie aéronautique et spatiale en 2005, le solde net de créations d’emplois ne s’élève qu’à un millier. Et le GIFAS prévoit que le nombre d’employés dans le secteur aéronautique restera stable en 2006.
Les mêmes dangers évoqués par chacune des entreprises menacent en outre le secteur dans son ensemble. Le prix des matières premières tout d’abord, notamment du pétrole et du titane, ne cesse d’augmenter, faisant croître les coûts en conséquence. La faiblesse du dollar par rapport à l’euro nuit également à l’industrie française qui doit de plus lutter contre une très forte concurrence outre-atlantique.
Charles Edelstenne a également pointé du doigt le marché européen de la défense : tout reste à faire pour créer une base industrielle et technologique commune. Mais surtout, le Président du GIFAS s’est inquiété du manque d’initiative dans le domaine spatial et de la baisse probable du budget européen alloué à la recherche et au développement qui va de conserve avec le recul des investissements de l’Etat français.