Ryanair ne s’inquiète pas pour le renouvellement de sa flotte. Son CEO Michael O’Leary a déclaré le 30 mars qu’il était sûr de pouvoir se procurer rapidement des appareils neufs : il compte en effet sur les difficultés de ses concurrentes à trouver un financement pour honorer les commandes qu’elles ont passées.
En disant cela, il vise notamment Lion Air et Norwegian, qui ont à elles deux acquis 300 Boeing 737 MAX et qui attendent encore la livraison, respectivement, de 133 737-900ER et 77 737-800. Norwegian a également une centaine d’Airbus A320neo en commande. Michael O’Leary estime que la majorité de ces monocouloirs ne sera jamais livrée.
Plus généralement, avec un baril de pétrole à 120 dollars et une économie mondiale morose, il considère que les carnets de commandes des constructeurs ne devraient pas être pleins pour les trois prochaines années et qu’ils ne le sont que grâce à des compagnies qui ne peuvent pas financer leurs appareils.
Ryanair compte donc récupérer les futurs invendus. La low-cost irlandaise n’attend en effet plus aucun 737 après 2012. Or sa stratégie de gestion de flotte veut qu’elle ne garde ses appareils que sept ou huit ans et les retire avant le passage de leur première grande visite de maintenance ; en remplacement, elle peut en recevoir une vingtaine par an.
Mais compter sur le manque de financement des autres compagnies est aléatoire et ne peut avoir qu’un temps. Ryanair étudie donc les autres options : sceptique envers le 737 MAX, elle regarde également du côté de l’A320neo mais s’intéresse surtout au futur C919. La compagnie s’est investie dans le développement du monocouloir chinois, dont elle souhaiterait une version allongée de 199 places. Cependant, s’il voit le jour, Ryanair ne recevra pas son premier appareil avant 2018 voire 2020.