Lufthansa reste vigilante mais ne remet pas en question sa stratégie pour autant. La compagnie allemande a présenté son bilan annuel le 11 mars et celui-ci est plutôt bon, vu le contexte économique tumultueux qui a caractérisé 2008.
Le chiffre d’affaires a pris 10,9% pour atteindre 24,9 milliards d’euros et le résultat opérationnel se maintient à 1,35 milliard d’euros. En revanche, le bénéfice net a chuté de 63,8% à 599 millions d’euros, grevé par les prix du kérosène, la baisse de la demande et les mouvements sociaux. Expression de la crise du transport aérien, le bénéfice opérationnel de l’activité de passage a également diminué de 12,6%.
Selon Lufthansa, la crise qui déferle sur le transport aérien a révélé les faiblesses structurelles de l’aviation en Europe : les réseaux de connexion mondiale à partir de marchés petits et moyens ne sont pas viables. Seule une structure importante et économiquement forte peut répondre aux spécificités de l’aviation européenne et connecter ses différents centres d’affaires. Correspondant parfaitement à cette description, Lufthansa a donc vocation à poursuivre sa stratégie d’expansion pour consolider sa position de compagnie européenne à portée mondiale.
Son expansion va continuer à s’organiser autour de trois piliers. Les court- et moyen-courriers vont profiter d’une croissance organique autour des hubs de Francfort, Munich et Zürich. Le lancement de Lufthansa Italia en février va également dans ce sens. Le développement des réseaux intercontinentaux à partir de Düsseldorf ne sera pas non plus abandonné et s’appuiera toujours autant sur les partenariats, notamment avec les compagnies membres de Star Alliance. Enfin, la stratégie de consolidation via l’investissement ne sera pas abandonnée, Lufthansa étant convaincue de la pertinence du système multihub / multimarque développé avec Swiss. Elle n’envisage donc pas de renoncer à ses rapprochements avec Brussels Airlines, Austrian Airlines, bmi et JetBlue.
En ce qui concerne le domaine opérationnel, la compagnie allemande a déjà commencé à ressentir la crise, comme en témoigne le résultat opérationnel de son activité passage. Elle a donc déjà révisé ses prévisions de croissance de l’offre et a décidé de la stabiliser. Les capacités devraient n’augmenter que de 0,8% (pour Lufthansa seule, de 1,2% en comptant Swiss). Elles pourraient être encore réduites si la faiblesse de la demande se maintient. Si 2009 devrait être parmi les années les plus difficiles du transport aérien, Lufthansa estime tout de même qu’elle sera rentable encore une fois, mais beaucoup moins qu’en 2008.