Le groupe Virgin aime jouer les trouble-fête. Après avoir lancé Virgin America sur le très saturé marché domestique américain, Richard Branson envisage de s’attaquer aux vols transatlantiques aménagés uniquement en classe affaires dans les douze à dix-huit prochains mois. Pas de surprise, sa première escale aux Etats-Unis serait New York.
Avec un tel projet, Virgin Atlantic ne déclare pas seulement la guerre à Eos, Maxjet et Silverjet, les trois transporteurs (deux américains et un britannique) ayant lancé des vols all-Business entre Londres et New York ces deux dernières années. Car si cette même liaison occupe une place essentielle dans ses ambitions, la compagnie britannique a bien l’intention de profiter de l’accord de ciel ouvert signé en mars entre l’Europe et les Etats-Unis pour ratisser large.
Elle a donc également annoncé qu’elle relierait New York à Paris, Amsterdam, Francfort, Milan et Zürich. Elle vise ainsi à la fois les vols des compagnies traditionnelles et les services particuliers, comme L’Avion d’Elysair, dont le modèle économique est exactement le même que celui d’Eos mais au départ de Paris (Orly), ou le produit « Lufthansa Business Jet » de la compagnie allemande.
Cette dernière pourrait être son principal modèle. Virgin envisage en effet de former une flotte pouvant aller jusqu’à quinze appareils et est actuellement en discussion avec les quatre grands constructeurs Airbus, Boeing, Bombardier et Embraer pour une commande évaluée à 700 millions de dollars.
Elle pourrait donc acquérir des appareils monocouloirs, comme les A319 et les B737 de 48 et 44 places de Privatair qu’exploite Lufthansa pour relier Düsseldorf et Munich à New York et Chicago. Elle pourrait également utiliser certains des B787-9 qu’elle a commandés le mois dernier. Seule contre tous, Virgin Atlantic porte donc son assaut sur tous les fronts et va développer encore la concurrence sur le marché. Et cela ne risque pas de s’arrêter : British Airways semble avoir également une idée derrière la tête.