Le soleil avait délaissé Madrid pour concentrer ses rayons sur Roissy CDG et lui donner un air d’aéroport espagnol. C’est sous le feu de ce projecteur naturel et les lances d’incendie des pompiers que l’Airbus A320 « No vueling no party » de Vueling a atterri le 24 mai, inaugurant officiellement la nouvelle et troisième base opérationnelle de la compagnie catalane.
L’aéroport de Roissy n’est pas un terrain inconnu pour Vueling. Elle y opère en effet des vols depuis juillet 2004, Paris étant l’une de ses deux premières destinations de lancement. Mais en y élisant domicile, elle est devenue la première compagnie espagnole à ouvrir une base internationale et la seconde compagnie régulière à s’installer sur la plateforme, aux côtés d’Air France. Trois A320 y sont dorénavant basés en permanence et une centaine de personnes a été embauchée.
Déjà dixième compagnie à CDG en terme de trafic de passagers, Vueling voit beaucoup plus loin et espère entrer dans le top 5 d’ici à la fin de l’année. Pour cela, elle va augmenter le nombre de ses fréquences et de ses destinations. Elle dessert aujourd’hui huit aéroports : quatre en Espagne avec Valence, Saint-Jacques-de-Compostelle et ses deux bases de Barcelone et Madrid, trois en Italie vers Rome, Milan et Venise ainsi qu’une aux Pays-Bas, à Amsterdam. Mais elle va se développer davantage vers l’ouest et le sud de l’Europe et ouvrir quatre autres destinations espagnoles d’ici la juin du mois de juin : Séville, Malaga, Alicante et Ibiza.
Pour servir ses ambitions, elle envisage de passer sous peu une importante commande de monocouloirs, l’un de ses objectifs étant d’exploiter trente-sept appareils à la fin de l’année 2008. Elle en a vingt et un aujourd’hui, tous en leasing. Malgré tout, Vueling devrait être bénéficiaire pour la première fois cette année. Malgré l’augmentation de ses capacités, son coefficient de remplissage s’améliore et frôle 67% au premier trimestre 2007 (+7,5 points), signe que la compagnie attire toujours davantage de passagers. Vueling attribue cette progression à son modèle innovant.
« La compagnie nouvelle génération », comme elle se décrit, propose en effet un service particulier, à mi-chemin entre celui d’une low-cost et celui d’une compagnie classique. Les réservations s’effectuent ainsi par Internet ou par centre d’appels, les repas et boissons à bord sont payants, ce qui contribue à diminuer le prix du billet. Cependant, le passager peut choisir son siège lors de la réservation de son billet, l’embarquement se fait par passerelle, la presse est disponible à bord et la compagnie propose un programme de fidélisation. Un bon compromis entre économies et services.