Delta veut reprendre son destin en main. La compagnie américaine a décidé de se libérer aussi vite que possible de l’inféodation au chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites. C’est pourquoi elle a exposé son plan de réorganisation le 19 décembre. Elle a bien précisé qu’elle l’appliquerait seule et n’acceptait pas la proposition de fusion de US Airways. Elle espère sortir de faillite au printemps 2007.
Delta Airlines a énoncé ses buts jusqu’en 2010. Son plan d’activité prévoit une augmentation de plus de deux points de ses marges opérationnelle et bénéficiaire (avant impôts) entre 2007 et 2010. De 8%, la première devrait passer à 10,5% et la seconde devrait atteindre 17,8% en 2010 contre 15,7% en 2007. D’ici à 2007, elle compte achever 50% de la réduction de sa dette : d’un montant de 17 milliards de dollars en 2005, elle ne devrait plus en peser que 7,5 millions en 2007. Enfin, cette année-charnière de 2007 devrait également marquer le retour aux bénéfices de la compagnie avec 500 millions de dollars de recettes.
Cet optimisme est porté par les récents succès de la compagnie. Elle a pu réaliser 85% des 3 milliards de réductions de coûts qu’elle avait prévus. Parallèlement, ses bénéfices par passagers ont augmenté de 19% par rapport à l’année dernière grâce à l’optimisation de son réseau, elle est devenu la compagnie qui dessert le plus grand nombre de destinations (plus de trois cents) et elle a recommencé à embaucher avec le rappel de 2.480 PNC, pilotes et mécaniciens.
US Airways à la porte
La présentation de ce plan, approuvé par le tribunal des faillites du district sud de New York, exclut de fait la fusion avec US Airways. Mais la compagnie américaine a tout de même précisé que le refus avait été adopté à l’unanimité par le conseil et expliqué les raisons qui l’ont conduite à cette décision.
Elles sont en premier lieu financières. L’OPA hostile déposée par la compagnie de Tempe, en Arizona, propose 8,4 milliards de dollars pour celle d’Atlanta. Or celle-ci est évaluée à entre 9,4 et 12 milliards de dollars si son plan de réorganisation est appliqué. La compagnie qui en résulterait serait de plus encombrée d’une forte dette de 23 milliards de dollars. Enfin, les synergies de coûts présentés par US Airways ont été très largement surestimées selon Delta, peu encouragée par le fait que de nombreux problèmes subsistent depuis que la première a fusionné avec America West.
Delta Airlines pense de toute façon que cette fusion a que peu de chances d’être approuvées par le Département de la Justice américaine, chargée de veiller au respect des lois antitrust. La nouvelle compagnie possèderait en effet plus de 90% de parts de marché sur environ 2.000 routes et réduirait la concurrence de façon drastique sur quelques 9.500 liaisons. Le tout accompagné de l’augmentation des tarifs, trop tentante dans ce genre de situation.
Enfin, Delta craint pour son image. US Airways propose d’abandonner la première classe, de réduire les capacités des appareils sur les marchés existants et de centrer sa stratégie sur le réseau domestique. Une régression inimaginable pour Delta, qui mène une expansion agressive de son réseau international. Le mois de décembre a ainsi marqué l’entrée de la compagnie sur le réseau africain avec le lancement des vols vers Johannesburg, Dakar et Accra et l’arrivée sur les Antilles françaises, à Fort-de-France et Pointe-à-Pitre.