Un ATR72 de Tuninter s’est abîmé en mer samedi 6 août, au large des côtes siciliennes. Le vol TU1153 assurait la liaison entre Bari, dans le Sud de l’Italie, et Djerba et comptait trente-cinq passagers et quatre membres d’équipage. Le bilan s’établit à treize morts et trois personnes sont encore portées disparues.
Le pilote a commencé à signaler des problèmes de moteurs dès 15h24 (heure locale) et prévoyait d’effectuer un atterrissage d’urgence à l’aéroport de Palerme, en Sicile. Il n’y est pas arrivé, les deux turbopropulseurs sont apparemment tombés simultanément en panne avant. Le pilote a alors pris la décision d’amerrir mais la perte de puissance a rendu la manœuvre difficile et l’appareil est entré dans l’eau avec un angle important ce qui a provoqué un choc brutal. L’appareil s’est brisé en trois, le poste de pilotage et la queue de l’appareil ont sombré mais le corps central est resté à la surface, flottant à une trentaine de kilomètres au large de Palerme. Certains passagers sont parvenus à sortir de la carlingue et ont pu trouver refuge sur les ailes en attendant les secours qui sont arrivés rapidement puisque le pilote avait pu les prévenir. Le vol comptait trente-neuf passagers dont trente-quatre touristes italiens. Les quatre membres de l’équipage et le mécanicien de l’appareil sont tunisiens. Vingt-trois personnes ont été sauvées. Les secours continuent à rechercher les trois portés disparus, dont le mécanicien de l’appareil qui comptait parmi les passagers.
L’ATR72-202 appartenait à Tuninter, la filiale régionale de Tunisair. Immatriculé TS-LBB, il avait été livré en 1992, comptait 29.710 heures de vol et avait été soumis à une révision le 25 mars dernier. Deux enquêtes sur les causes de l’accident vont être menées : l’une par les autorités italiennes, tunisiennes et le BEA (Bureau d’Enquêtes et d’Analyses) français, puisque les ATR sont assemblés à Toulouse, l’autre par les procureurs de Palerme et de Bari. Les restes de la carlingue, comprenant les moteurs, ont déjà été ramenés au port de Palerme pour être analysés. Les enregistreurs de vol n’ont pas encore été récupérés et gisent toujours à plus de 1.000 mètres de profondeur. Le pilote est également indemne et pourra aider à élucider les raisons de cette panne. Cependant, selon la presse italienne, l’accident pourrait être dû à la qualité du carburant. Le camion avitailleur de Tuninter a été mis sous scellé afin de détecter une éventuelle présence d’eau ou de sable dans le réservoir. Une seconde hypothèse évoque la possibilité d’un dysfonctionnement du compteur du camion-citerne : l’avion n’aurait alors peut-être pas reçu suffisamment de carburant pour effectuer son trajet.