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Actualité aéronautique Passion Et si nous allions sur la Lune avec la Cité de l'espace ?

Et si nous allions sur la Lune avec la Cité de l'espace ?

Daphné Desrosiers
30 JUIL. 2019 | 2672 mots
Et si nous allions sur la Lune avec la Cité de l'espace ?
© NASA
Le 21 juillet 2019, Apollo 11 fêtait ses cinquante ans et les événements ont été nombreux à célébrer le premier pas d'un homme sur la Lune. L'équipe du Journal de l'Aviation est partie rejoindre la Cité de l'espace afin de revivre l'Apollo Day et découvrir les enjeux internationaux d'un retour sur la Lune.

Embarquement immédiat à bord du Module Lunaire (LM) « Eagle »

La Cité de l'espace partage tout au long de l'année des expositions permanentes ou temporaires afin que le public - de plus en plus nombreux et qui totalise aujourd'hui plus de 375000 visiteurs par an - découvre et comprenne l'aventure spatiale. Claudie Haigneré, astronaute française et marraine de la Cité de l'espace, nous confie : « J'ai beaucoup d'admiration pour l'intelligence et le savoir-faire des équipes de la Cité de l'espace qui savent apporter à leur très large public tous les éléments de la connaissance rationnelle, scientifique et technologique, mais aussi toutes les émotions et les témoignages qui font de l'aventure spatiale une aventure humaine et une aventure de l'Humanité. »


© Daphné Desrosiers

Pour cet anniversaire historique, l'équipe de la Cité de l'espace a visé la Lune pour vous offrir des étoiles et des souvenirs inoubliables. Le programme prévu est riche et la journée paraît trop courte pour profiter de chaque instant, surtout qu'une surprise de taille attend le public venu nombreux - plus de 17000 personnes - (re)vivre la mission Apollo11. Du haut de ses 7,15m, la réplique du module lunaire grandeur nature scintille de tous ses panneaux en aluminium pour vous accueillir au sein de la Cité. La stupéfaction est totale en découvrant le vaisseau spatial, et si vous interrogez Serge Gracieux, responsable Patrimoine et expertise spatiale, il vous contera non seulement la genèse de cette réalisation fantastique avec passion mais également les anecdotes historiques de la conquête spatiale. Son expérience et ses connaissances ont permis la genèse d'une idée brillante et de mener avec brio la réalisation de cette maquette à l'échelle 1 :

« C'est grand, très grand ! Cette phrase revenait à chaque étape de la construction avec l'entreprise que nous avions sélectionnée pour conceptualiser le projet. Ils avaient pour objectif de remettre à niveau une maquette récupérée un an auparavant, suite à un tournage d'un des documentaires récemment diffusés à la télévision. Or, dès les premières études menées à l'automne 2018 avec un ami du CNES passionné comme moi, nous avions compris qu'il allait falloir aller bien au-delà de ce que nous avions pu imaginer et tout le monde a alors fait des efforts pour mener à bien ce défi. Un travail qui se résume (uniquement pour le LM) à quelques semaines d'études internes pour les équipes de la Cité de l'espace, trois mois pour l'entreprise qui avait en charge la structure et enfin trois semaines de finitions. Aujourd'hui, c'est émouvant de le voir là, devant nous, sur ces quatre pieds. Tout est respecté, y compris le diamètre dans lequel Neil Armstrong et Buzz Aldrin ont évolué lors de leur séjour lunaire sur la Base de la Tranquillité : un des intérêts de notre installation est de démontrer que toutes les activités de la mission Apollo 11 rentrent sur la place où nous avons installé le LM, soit 34 mètres de diamètre, ce qui peut paraître petit ! Seule la petite promenade d'Armstrong pour voir le cratère qu'il a dû éviter lors de l'alunissage (à 59 mètres du LM) n'est pas sur cette place. Chaque endroit où les astronautes ont réalisé une tâche est répertorié par un panneau explicatif comme l'emplacement du drapeau américain (cinq avaient alors été achetés anonymement à l'époque mais un seul avait été choisi pour conserver le secret du fabriquant) ou celle du réflecteur laser ou du sismographe. Chaque détail a été minutieusement étudié, comme le coffret prévu pour le drapeau, les déflecteurs ou la hauteur de l'échelle et ses neuf barreaux ! En effet, lorsque Neil Armstrong, aux commandes du LM a aluni, il s'est posé avec une infinie douceur tant et si bien que les patins du LM ne se sont pas complètement rentrés dans leur tige respective. C'est la raison pour laquelle il est surpris et explique son bond pour sauter du module lunaire, qui se trouvait alors plus haut que prévu. Un kiss-landing historique pour 2 heures 29 « alunissantes » ! »


© Tezio Corteze

Si le LM est une surprise éblouissante pour le public, les invités prestigieux réunis pour l'occasion n'en sont pas moins émerveillés : les astronautes français Claudie Haigneré, Jean-François Clervoy et Philippe Perrin, accompagné de leur homologue allemand, Matthias Maurer n'en croient pas leurs yeux. En l'espace d'une minute, ils retrouvent leur âme d'enfant et partent sans hésiter à l'ascension du module ! Bien entendu, il est inutile de leur poser la question de savoir s'ils souhaitent aller un jour sur la Lune, ils vous répondront sans aucune hésitation qu'ils sont prêts à vivre l'aventure.

Claudie Haigneré nous livre en exclusivité ses impressions en descendant du LM, comme Neil Armstrong l'a fait cinquante ans auparavant lors de son grand saut : « Pour vraiment s'imprégner de l'aventure en dehors des images et des textes, à coté du virtuel, nous avons besoin du réel. Nous avons besoin d'incarnation et de concret. C'était un bonheur d'avoir Ron Paulus avec nous, ingénieur NASA des missions Apollo et la maquette échelle 1 du LM dont nous avons tous le souvenir flou en tête. L'impression majeure était celle de la fragilité et de la complexité de l'architecture pour un défi pionnier : quelle audace !
Le fait d'avoir eu la possibilité de l'approcher et d'y grimper était une réaction d'enfant passionnée. Tester, ressentir, voir, mesurer les distances, et s'imaginer...
En descendant, j'ai pu appréhender que ce petit pas, n'était pas si petit étant donnée la hauteur du dernier barreau de l'échelle. Ce LM représente l'aventure pionnière, la découverte de situation nouvelle où l'intelligence et le savoir faire de l'Homme ont toute leur place. Dans cet environnement magnifiquement désolé qu'est la Lune, en gravité réduite, le poids de l'instant devait être bien lourd mais aussi bien exaltant pour Neil et pour l'Humanité entière. »

Moon Walk - Episode 2 - Et si nous y retournions ?

Afin d'accompagner les visiteurs dans leur voyage spatial, différentes tables rondes se succèdent au cours de la journée avec les quatre astronautes mais également des spécialistes de l'espace venus partager leur expérience. De grands noms se succèdent et plongent le public aux confins de l'univers : Tim Tawney, représentant de la NASA en Europe, Ron Paulus, ingénieur NASA à l'époque des missions Apollo, l'astrophysicien Sylvestre Maurice, le journaliste et écrivain François de Closets, Jean-Yves Le Gall, président du CNES sans oublier la mascotte emblématique de l'événement, Snoopy. Un invité qui a eu le privilège d'accompagner tous les astronautes de la NASA depuis le sinistre accident d'Apollo 1 comme le relate Jean Schulz, épouse de Charles M.Schultz : « Après la tragédie, la NASA voulait un symbole fort pour représenter la conquête spatiale et qui offrait du rêve tout en étant un garant de la sécurité. Lorsque les astronautes sont venus à la rencontre de mon mari, il a alors été très fier. C'était évident pour lui d'imaginer de nouvelles aventures pour son petit chien facétieux. »

C'est alors que Peanuts a commencé sa saga spatiale en 1959 et est devenue une icône auprès des astronautes après avoir déjà conquis le grand public. Sa notoriété n'a cessé de croître, au rythme des avancées de la NASA et Snoopy - s'il a trouvé son origine auprès de Sparky, le chien de la famille Schulz - avait déjà entamé son « snoop » autour de la Lune ! Si certains voient une certaine ressemblance entre les oreilles noires du Beagle et les casques souples des spationautes, elle n'est que purement fortuite. Néanmoins le module de commande d'Apollo 10 a bien été baptisé comme le précise Gene Cernan, pilote du module de commande d'Apollo 10 : « Personne ne se souvient de la Mission d'Apollo 10 avant que vous ne disiez que nos vaisseaux avaient été baptisés Charlie Brown et Snoopy, alors là, ils répondent : Oh oui je me souviens très bien ! »


© Manuel Huynh

Les animations, nombreuses et diversifiées, ont permis à chacun de vivre leur voyage au gré de leurs envies : s'initier aux joies de la marche lunaire, film en Imax, ateliers, quizz ou poser en groupe sur l'empreinte légendaire du pas de géant reproduit à une échelle visible depuis l'espace (800 m2). Une expérience inédite immortalisée par une photo prise depuis le haut de la réplique Ariane 5 dès la phrase magique prononcée : « levez les yeux pour la photo satellite souvenir ! » Ce travail d'équipe est également un hommage à toutes les personnes ayant oeuvré aux programmes de la NASA pour cette grande aventure spatiale. Mais le jeu se poursuit bien au-delà de l'Apollo Day : si les satellites Pleïades ont fourni plusieurs images de l'empreinte de 40 m, reste à savoir si l'équipage de l'ISS pourrait la voir lors d'un de ses prochains passages diurnes. Le défi est également lancé auprès des pilotes de ligne s'ils ont la chance de survoler la Cité de l'espace en cette période d'anniversaire. N'hésitez pas à envoyer vos photos à gil.denis(at)planete-sciences.org afin d'étoffer les souvenirs et remercier les équipes de la Cité de l'espace pour leur prodigieux travail.


© CNES / Distribution Airbus DS SAS

La soirée s'annonce féérique malgré un secret absolu quant à son déroulé. Le LM, qui tout au long de la journée s'était animé en soufflant des volutes de fumées blanches, se prépare pour le show en s'illuminant avant de laisser entrer six danseurs en tenue d'astronautes. Le chorégraphe Jean-Marc Matos, de la compagnie K-danse, a élaboré une chorégraphie autour du monde lunaire afin de reconstituer de manière artistique tous les mouvements des deux astronautes au cours de leur expédition lunaire (comme l'installation du sismographe ou le ramassage de cailloux par exemple). Buzz Aldrin avait défini lors de son expédition quatre types de locomotion possibles, reprises pour le spectacle : le pas à pied plat (flat foot walk) avec calcul constant du rééquilibrage du haut du corps par rapport aux jambes, les enjambées (loping) ou allongement du pas, les sauts (skips) d'une jambe sur l'autre ou plusieurs sauts sur une jambe, les sauts de kangourou (kangaroo jump) qu'il est inutile de décrire ! Ces études ont par la suite été complétées lors des autres missions Apollo car le scaphandre a évolué au cours des vols.

A l'issue, un « concert de feu » des Commandos-Percus embrase le ciel de la Cité de l'espace par des sonorités tribales et un feu d'artifice grandiose. Les musiciens, grimés, renvoient aux origines de l'humanité aux côtés de la réplique d'Eagle, ouvrant ainsi le chemin vers l'avenir de l'humanité et la conquête spatiale future. Les yeux s'illuminent de bonheur quand le LM resplendissant de tous ses feux, semble prêt à s'envoler pour repartir sur la Lune et poursuivre de nouvelles explorations car aujourd'hui, la Lune est redevenu un enjeu spatial mondial.

L'astronaute allemand, Matthias Maurer explique alors les raisons d'un retour sur la Lune : « Il existe quatre raisons de retourner sur la Lune, trois sont scientifiques et une technologique. Il ne s'agit pas de refaire les missions Apollo mais de poursuivre les expérimentations afin de répondre aux grandes questions qui nous animent lorsque nous contemplons les étoiles : comment l'univers a-t-il été créé, quelle est l'origine de la vie et existe-t-il une vie ailleurs ? La Lune peut répondre à ces trois questions, par exemple en y installant un radiotélescope afin de mesurer les fréquences émises ou en analysant les protons d'hydrogène des vents solaires. La Lune est un formidable livre d'histoire pour progresser dans nos recherches, d'autant plus qu'elle a une influence importante sur notre planète, comme la stabilisation de l'axe de la Terre et le ralentissement de son mouvement. Autant d'interrogations qui s'appréhenderont au fil des avancées scientifiques. A Cologne, un grand laboratoire de 1 100 m2 se crée afin de reproduire les conditions similaires à celles sur la Lune. Six tonnes de sable sont nécessaires afin de construire un village lunaire et mener diverses expérimentations comme fabriquer du combustible à partir des molécules d'hydrogène et d'oxygène. Un vaste projet d'équipe où toutes les idées seront intéressantes à étudier. »

Si l'Apollo Day n'a pu répondre à toutes les interrogations des visiteurs, l'exposition temporaire « Lune-Episode 2 » permet, grâce à des animations ludiques, de comprendre la saga des missions Apollo et le défi actuel d'un village lunaire. Une réplique du cockpit du LM est présentée où chacun se rendra compte de toute la difficulté qu'ont eue Neil Armstrong et Buzz Aldrin à tenir debout dans un espace si restreint et où l'étroitesse des fenêtres prouve ô combien le pilotage devait être délicat. La Cité de l'espace a également fait réaliser une moquette représentant le sol lunaire et si vous n'avez pu goûter aux joies de la marche lunaire, vous aurez la chance de fouler un sol lunaire d'une douceur infinie !

Claudie Haigneré partage son expérience lors de sa visite : « Ce que je préfère dans cette exposition temporaire, c'est à la fois l'idée, la trame et sa mise en oeuvre : faire du visiteur un acteur de l'exploration de demain tout en lui faisant se poser les bonnes questions mais sans pouvoir toujours lui donner les bonnes réponses. Se baser sur les faits, les contraintes et s'interroger : c'est un choix audacieux par rapport à des expositions plus historiques de reconstitution. Et la scénographie très intuitive, permet de s'immerger tout en prenant de la distance et c'est le coeur de l'exploration. Petits et grands semblaient ravis. »

Un souffle de rétrofusée s'élève du LM pour murmurer que l'équipe de la Cité de l'espace prépare de nouvelles surprises pour la nuit des étoiles spéciale Lune : rendez-vous le vendredi 2 août à partir de 19h (entrée libre et gratuite sur réservation) pour une découverte extraordinaire de notre système solaire. Foncez avec votre jeep lunaire, c'est l'heure de collecter les dernières analyses de vents solaires et d'écouter ce qu'ils ont à vous révéler : il semblerait qu'un anniversaire se profile en 2022 afin de fêter la mission Apollo 17 mais, chut, demandez à la Lune lors des soirées nocturnes organisées durant l'été tous les trésors qui se cachent dans le sillage des étoiles filantes.

« Rien n'est impossible. J'aimerais vous encourager à voir loin, viser les étoiles et rêver en grand. Et vous serez surpris de ce que vous pouvez accomplir dans votre vie. » Déclaration en exclusivité pour la Cité de l'espace de Charlie Duke, dizième astronaute à s'être posé sur la Lune.

Cité de l'espace

© Daphné Desrosiers

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