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L'édito

Le lourd héritage de Tom Enders à la tête d'Airbus

La rédaction
Publié 09/04/2019 | 480 mots
Le lourd héritage de Tom Enders à la tête d'Airbus
© Airbus / H. Goussé
Plus qu'une simple succession entre deux dirigeants, l'assemblée générale annuelle du 10 avril d'Airbus va marquer la fin d'une ère. Celle de Tom Enders, dernier des historiques d'EADS. Lorsque son successeur désigné, Guillaume Faury, prendra les rênes du groupe, il devra assumer l'héritage complexe et contrasté des sept ans de règne de celui qui restera comme « Major Tom ».

Président exécutif depuis 2012, Tom Enders laisse un groupe solide avec un chiffre d'affaires de 64 milliards d'euros et une marge opérationnelle enfin proche des 10%. Il aura su bénéficier des perspectives de croissance du transport aérien - et de l'efficacité légendaire de John Leahy - pour s'assurer un carnet de commandes Avions commerciaux plein. Un succès qui va de pair avec le lancement commercial et industriel de la famille A320neo (6 500 commandes et 730 livraisons).

Le principal fait d'armes du Major Tom restera sans aucun doute la transformation du groupe, désormais intégré et autonome. Sous son commandement, EADS installe son siège à Toulouse et devient Airbus Group en 2014, puis Airbus en 2017 lors de sa fusion avec la filiale Avions commerciaux. De même, il profite de l'échec de la fusion avec BAE Systems en 2012 pour exclure les États de la direction stratégique du groupe.

Tout ne s'est pas fait sans heurts, avec l'affirmation d'un pouvoir personnel qui a conduit à une guerre des chefs avec Fabrice Brégier. Si le patron des Avions Commerciaux est parti dès février 2018, cette victoire à la Pyrrhus aura précipité le propre départ d'Enders. On peut aussi noter l'éviction de Marwan Lahoud, au nom de la « compliance » au sein du groupe, et bien d'autres encore.

Ce ne sont pas les seuls accrocs de son bilan. Il a dû faire face à l'échec commercial de l'A380 - dont il a décidé l'arrêt quelques mois avant son départ - et aux problèmes industriels de l'A400M, qui ne sont toujours pas résolus. Le programme d'avion de transport tactique représente un gouffre financier qui aurait atteint les 31 milliards d'euros, soit plus de 50% d'augmentation par rapport aux prévisions initiales. Enfin, Enders aura permis à Airbus d'entrer véritablement dans l'ère de la numérisation, mais vraisemblablement au prix d'une trop grande ouverture des portes du groupe aux Américains.

Guillaume Faury va donc devoir établir un nouvel organigramme et son propre mode de gouvernance, jusqu'ici largement organisés autour de Tom Enders. Il devra aussi affronter la fin de l'A380, les difficultés de l'A400M ou encore les retombées des enquêtes anti-corruption, tout en assurant le succès de l'A350 et la suite de l'A320neo dans un contexte qui pourrait s'avérer bien moins favorable au cours des prochaines années.
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