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Un vice-champion du monde à Avignon Air Show

Marie Christophe
Publié 29/09/2017 | 1512 mots
Un vice-champion du monde à Avignon Air Show
© Marie Christophe
Ce week-end, « l'enfant du pays » était de retour. François Rallet, tout juste sacré Vice-Champion du Monde de voltige aérienne en Afrique du Sud, venait en effet à peine de poser ses valises sur le sol avignonnais que les vols reprenaient de plus bel pour l'Avignon Air Show. Mais qu'importe. Pour le Vendéen d'origine, la voltige aérienne prend tout son sens dans le partage.

C'était un dimanche très attendu. Organisé par l'aéro-club vauclusien et parrainé par le très médiatique Michel Drucker, l'événement présentait un riche plateau. Au sol, exposition statique de nombreux aéronefs, simulateurs de la Patrouille de France et car-podium avec ses animations. En vol, d'innombrables machines civiles et militaires dont les patrouilles, avec la Patrouille de France, la Breitling Jet Team, la Pioneer Team, les Cap'tens et les Red Devils. En duo, le Hawker Sea Fury et le Hawker Hunter, les championnes de voltige Catherine Maunoury et Aude Lemordant, la wingwalkeuse Danielle Hughes et son mari le pilote Emiliano Del Buono. Cotés chasseurs, le Rafale Solo Display piloté par le capitaine Jean-Guillaume Martinez, accompagné de son coach, le capitaine Benoit Planche, mais aussi du capitaine Sébastien Nativel, alias Babouc, qui prendra le relais des démonstrations d'ici quelques mois, étaient notamment de la partie.


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Un sunset mémorable

Une fois n'est pas coutume, les vols avaient commencé la veille par un magnifique « sunset ». Du planeur poétiquement illuminé du Suédois Johan Gustafsson aux feux d'artifice de la Pioneer Team en passant par le final de la Breitling Jet Team, les démonstrations faisaient office d'un ballet d'étoiles filantes.

Avant eux, un original duo interpellant petits et grands. Thierry Amar et François Rallet reproduisent le binôme bien connu de Fred & Jamie dans l'émission C'est pas sorcier. Le premier, pilote, ami et complice, commente au sol les évolutions du second, qui fait mine de découvrir le fonctionnement de son Extra 330. Le jeu fonctionne, le public apprécie. Puis « l'apprenti » pilote reprend sa véritable identité pour effectuer un programme d'évolutions qu'il connaît bien.


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Le Champion Français

François Rallet, dernier présentateur du Mirage 2000 en 2008, ancien voltigeur de l'EVAA et dorénavant vice-champion du monde 2017, est fortement applaudi. Celui qui s'est retrouvé, comme il le dit lui-même « contre toute attente », sur la seconde marche du podium se réjouit encore et toujours de partager sa passion. « Le bonheur ne vaut que s'il est partagé », martèle-t-il. Quand il reparle de ses débuts en voltige, François Rallet, alias « Ralloch », y associe d'ailleurs tout de suite son ami, celui qui l'a poussé, aidé, inspiré : Renaud Ecalle. « C'est lui qui m'a tout appris. Au départ, je voulais faire de la voltige pour partager avec les amis et la famille, mais il m'a poussé et m'a dit « tu vas faire de la compèt' comme tout le monde ! » Et je m'y suis mis en 2004 avec la Coupe Espoir pour commencer, ce qui m'a plu. Tout en étant pilote de chasse, je faisais de la voltige à Montpellier à l'Aéroclub de l'Hérault. Je me payais ça par passion. » Engagé sur le tournage du long-métrage « Les chevaliers du ciel », François Rallet y voit une autre excellente opportunité de partager avec le grand public la discipline qui l'anime. En ayant tourné pendant plus de quatre mois et effectué une centaine d'heures de vol, il est en effet le pilote principal, dans l'ombre des stars du film.

EVAA et compétitions

François et Renaud ont un objectif : intégrer ensemble l'Equipe de Voltige de l'Armée de l'Air. Ce sera chose faite en 2009. Les deux hommes vivent leur rêve jusqu'au tragique départ de Renaud Ecalle, en octobre 2010. Très proche de son ami et de sa famille, Ralloch accuse le coup. « Il y a eu un grand creux pour moi. Et puis c'est reparti et je suis resté à l'EVAA jusqu'en 2015». En 2013, le pilote participe à ses premiers championnats du monde de voltige et ne cessera d'évoluer depuis. Classé huitième en 2013, puis cinquième en 2015, il parvient en effet cette année à se hisser à la seconde place. « Ce n'était pas évident de revenir après presque deux ans d'absence. Mon objectif était de faire un résultat pour ne pas être trop ridicule ! Au final, c'est quand même au-delà de ce que j'espérais ! », avoue l'homme, humblement. « La difficulté, c'est que les dix premiers compétiteurs savent faire des évolutions parfaites, après il faut être bon le jour J. Il faut travailler sur soi pour faire la différence et c'est ce que j'ai fait. Je n'ai pas du tout eu de préparation académique. J'ai fait les stages Equipe de France, qui sont obligatoires. Eric Vazeille, notre entraîneur a été parfait, il m'a remis le pied dedans ». Sa réussite, François Rallet refuse à nouveau d'en faire une victoire personnelle : « L'ambiance était bonne aussi, et ça c'est très important pour moi. L'Armée de l'Air m'a appris que si tu es un groupe et qu'il y a un choix à faire, le lien entre le groupe va augmenter le niveau général. Celui qui veut gagner gagnera de toute façon, sauf que le groupe sera plus élevé et réussira à battre les autres groupes. Donc à partir du moment où tout le monde arrive à comprendre que en s'échangeant des informations on peut être meilleur, c'est gagné. Après au sein même du groupe, que le meilleur gagne, mais le fait d'échanger des informations fera monter le niveau général. »


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Régularité et travail sur soi : les recettes de la réussite

François Rallet le sait, il a toujours été extrêmement stressé par la compétition. « Ce n'est pas évident de prendre du plaisir quand on a le nez dedans. Je suis allé voir quelqu'un qui m'a aidé à mieux me préparer mentalement et je pense que ça a fonctionné car j'ai bien voulu y croire. Je suis tellement stressé en compétition et c'est tellement une torture, qu'avant de me lancer je me suis dit : à quoi bon se faire du mal! »

Mais il s'est tout de même confronté à ses démons. Le 10 septembre, les vols débutent et François se classe immédiatement parmi les meilleurs, niveau qu'il maintiendra jusqu'à la fin de la compétition. « La plus grosse difficulté est peut-être la régularité. C'était long, c'était un marathon, il fallait tenir sur quatre vols et tu sais que si tu rates une seule figure tout s'effondre. Beaucoup d'entre nous ont perdu à cause de ça. »

Mais encore une fois, le pilote mise sur le partage et rappelle la force qu'a représenté l'équipe de France : « On ne gagne pas tout seul, il faut échanger les informations. Eric Vazeille a d'ailleurs facilité les échanges, il a été un excellent chef d'orchestre. C'est une force d'être nombreux sur une telle compétition. »

Un pilote brillant, un homme atypique

François Rallet n'est pas un homme comme les autres. Vivant à bord d'une péniche, fabriquant son propre mobilier aéronautique, conduisant de vieilles voitures américaines, cet énergumène qui a toujours le mot pour rire et qui affirme s'être entraîné au vin blanc pour les championnats du monde, ne se cantonne pas à l'univers de la voltige. « Je ne suis pas un autiste de la voltige, ce qui m'intéresse c'est d'échanger avec les autres, de rester ouvert. » Cet échange, il le trouve également au sein d'Adrenalin Flights, à l'aéro-club de l'Hérault. « Le but du jeu avec Adrenalin Flights est de continuer à partager, faire des meetings, des baptêmes. En fait, j'aimerais trouver un avion, un sponsor et continuer à partager ma passion : le bonheur ne vaut que s'il est partagé et j'aimerais avoir un avion aux couleurs d'un sponsor pour faire des présentations. Actuellement je fais plus des baptêmes pour des gens que je connais et je voudrais davantage faire découvrir la voltige. »

Passionné et impliqué, nul doute que « Ralloch » saura trouver preneur pour faire voltiger le grand public. Le cas échéant, l'appel est lancé.

En attendant, le vice-champion a repris son quotidien en restant égal à lui-même. Et si vous lui demandez ce qui a changé, il vous répondra tout simplement : « je me demande seulement aujourd'hui, qui a bien pu dire que l'argent ne faisait pas le bonheur ».


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