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Nicolas Ivanoff fait voltiger le Journal de l'Aviation

Marie Christophe
Publié 17/10/2016 | 1184 mots
Nicolas Ivanoff fait voltiger le Journal de l'Aviation
© Marie Christophe
C'est une invitation exceptionnelle que nous avons reçue. Un baptême à bord de l'Extra 330 LX aux couleurs d'Hamilton, piloté par son ambassadeur, champion de voltige en équipe et compétiteur de la Red Bull Air Race, Nicolas Ivanoff. Récit d'un vol pas comme les autres.

Au fond, le plus difficile, c'est peut-être de vous décrire l'expérience. Les sensations y sont tellement nouvelles et l'émotion inexprimable, qu'il va être ardu de mettre tout ça sur papier. Nous sommes à l'aéroport de la Môle ce samedi matin. La météo est « CAVOK » autrement dit, grand soleil, pas de vent et aucun nuage à l'horizon. Comme habituellement sur les aérodromes, tout le monde se salue au minimum, se connaît souvent. Aujourd'hui, les plus grands pilotes de voltige du monde sont là et l'atmosphère est toujours aussi bienveillante. Leurs machines qui défilent devant mes yeux me laissent rêveuse. Cap 232, Pitts, Patrouille Cartouche Doré, Extra de l'EVAA... j'ai la sensation d'être au salon du top de l'aviation de voltige.

J'aperçois enfin l'Extra orange et noir. L'aviation, c'est l'ADN d'Hamilton. Depuis près d'un siècle, la marque accompagne les aviateurs, adeptes de la précision de ses montres. Nicolas Ivanoff en fait partie. Prêt et souriant, il nous attend au pied de son bolide. Nicolas m'aide à enfiler mon parachute et m'en explique le fonctionnement « au cas où ». Je choisirai inconsciemment de retenir uniquement sa dernière phrase, à savoir « mais tout va bien se passer ». Très vite, me voilà à bord de l'engin... qui me semble subitement très petit... je vais donc me retrouver tête à l'envers à 3500 pieds dans cette machine... ok.

Bien sanglée, le casque branché, mon pilote me demande si je suis prête. Est-on vraiment prêt à vivre ce genre d'expérience ? Je n'en suis pas si sûre ! Mais l'envie d'y aller prend le pas. De toute façon, nous sommes déjà en bout de piste, verrière fermée : cessons les interrogations, c'est parti.
Décollage "classique" si j'ose dire, à l'exception du paysage qui s'offre à nous. Très vite apparaît la baie de Sainte Maxime aux reflets turquoise. À cet instant, je ne sais pas que je vais pouvoir encore mieux admirer ce paysage tête en bas... ah si, nous y sommes. Me voilà en apesanteur, suspendue à mon harnais, les cheveux caressant la verrière, les bras et les jambes dans le vide. Génial ! Je me sens extrêmement à l'aise, c'est d'ailleurs ce que je dirai à Nicolas, qui repart de plus bel.
S'enchaînent tonneaux barriqués, boucles, renversements, ruades, vrilles plates, vrilles tranches, tonneaux déclenchés, vols dos, tonneaux à facette ... autrement dit, nous volons dans toutes les positions possibles et imaginables. La plage que j'aperçois sera tour à tour, face à moi, au dessus, en dessous, à droite, à gauche ... mais Nicolas prendra toujours soin de guider mon regard pour suivre l'horizon. Comme dit en préambule, c'est une sensation quasi indescriptible. Successivement écrasée dans mon siège puis libérée de toute contrainte d'attraction terrestre, j'écoute attentivement les conseils avisés de mon pilote qui me permettent de profiter au mieux du moment. Nous irons jusqu'à subir 7G positifs, soit 7 fois notre poids, et 4G négatifs.

Le moment de rentrer approche. Mais « Rentrer » pour un pilote comme Nicolas Ivanoff, c'est encore faire un passage bas, tous fumigènes sortis, puis effectuer quelques minutes d'évolutions au-dessus de la piste. En atterrissant, je prends conscience que nous avons voltigé durant 20 minutes... et je me sens en pleine forme. Vivante, je crois que c'est le mot.

Verrière ouverte, je rejoins le béton du tarmac. Les pieds sur terre, la tête dans les nuages. Une seule envie... recommencer.


© Hamilton

A l'issue du vol, nous avons échangé quelques mots avec Nicolas Ivanoff :

Merci Nicolas pour ce vol unique, c'était vraiment inoubliable

Bravo à vous, on dirait que vous avez fait ça toute votre vie !

J'ai eu de la chance, je ne savais pas comment mon corps allait réagir physiquement. Qu'est-ce qui vous plaît lorsque vous faites faire des baptêmes de voltige ?

Faire découvrir ma passion aux gens. Mon métier, c'est ma passion et c'est un vrai plaisir de pouvoir la partager.

Et qu'est ce qui vous motive à participer à un meeting, comme aujourd'hui ?

Je participe aux Free Flight depuis le début, il y a 6 ans. Je n'ai pas eu la possibilité de tous les faire, mais quand je peux, j'apprécie. La Patrouille de France est passée ici au-dessus de la Môle, tous les pilotes se sont levés, c'est un moment fort. C'est sympa aussi de voir les autres pilotes, on se connaît bien. Au fond, je ne fais pas beaucoup de meetings et c'est toujours intéressant d'y participer. J'aime aussi voir les autres avions évoluer, ça change des courses.

Dans lequel aimeriez-vous voler ?

A bord d'un Rafale ou d'un Alphajet ! Tant qu'à faire ... Le Rafale pour la puissance et l'Alphajet pour voler en patrouille, voir les autres avions juste à côté ce doit être impressionnant. Quand ils volent, on a l'impression qu'ils sont collés à une plaque de plexi qui les tient les uns aux autres...

Et à propos de meeting, il semblerait que vous serez au programme de la Ferté Alais en 2017 ?

Oui, on m'a proposé d'y participer, ce sera pour évoluer à bord d'un Bonanza. J'ai hâte, c'est un beau meeting.

Cet après-midi vous volez contre Philippe Varinot, que vous connaissez bien, comment envisagez-vous ce duel (NDLR : dans le cadre des Free Flight World Masters) ?

Je vais gagner ! (Rires) C'est une compétition bon enfant. J'ai enseigné la voltige à Philippe et s'il pratiquait plus souvent, il pourrait me battre facilement, mais il a un emploi du temps trop chargé.

Vous étiez également l'instructeur du Capitaine Alexis Busque

Oui, il a suivi mes stages de voltige à ses débuts, je lui ai tout appris ! (Rires ) Je suis fier de ce qu'il est devenu aujourd'hui. Il était déjà assez doué à l'époque, c'était un jeune prometteur, je suis content de voir ce qu'il fait, je ne m'étais pas trompé sur son talent. Aujourd'hui, il pratique plus que moi, mais je l'aurai un jour... je l'aurai... (Rires)

Vous repartez aux Etats-Unis juste après le Free Flight pour la dernière course RedBull de la saison à Las Vegas, comment vous sentez-vous ?

Très motivé ! Je suis ravi de voler ce week-end, ça me permet de garder le rythme.

En 2017, Hamilton fêtera ses 125 ans d'existence et vous-même avez un anniversaire à fêter ... que peut-on vous souhaiter ?

De vivre aussi longtemps qu'Hamilton et qu'ils soient toujours à mes côtés ... ça m'ira bien !!! (Rires)

Merci beaucoup Nicolas Ivanoff et bonne chance à Las Vegas.
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