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Interview

Lufthansa fait ses adieux à Bobby, son Boeing 737

Emilie Drab à Francfort
02/11/2016 | 919 mots
Lufthansa fait ses adieux à Bobby, son Boeing 737
Toutes photos © Le Journal de l'Aviation - tous droits réservés
C'est une longue page de l'histoire de Lufthansa qui s'est tournée le week-end dernier. La compagnie allemande a réalisé ses derniers vols en Boeing 737 le 29 octobre et cloué ses six derniers appareils au sol avec le passage au programme hiver. Mais comme il est difficile de clore une histoire de 48 ans si brutalement, Lufthansa a organisé des vols spéciaux entre Francfort et Hambourg le 31 octobre pour commémorer ces années que le 737 a passées à sillonner le ciel européen. Ils ont été réalisés avec le 737-300 Karlsruhe, immatriculé D-ABEC, comme le tout premier 737-100 reçu par la compagnie en 1968 (baptisé Osnabrück). Depuis, Lufthansa en a commandé 148 exemplaires au total, du 737-100 au 737-500, et Bobby, comme le 737 était surnommé en référence à un livre pour enfants des années 60, a parcouru 2,3 milliards de kilomètres et transporté 250 millions de passagers.

Ulrich Pade, le commandant de la flotte 737, était également le commandant de bord du vol d'adieu le 31 octobre. Il a accepté de partager avec nous son ressenti sur cet événement historique pour Lufthansa.


Quelle est votre expérience sur le 737 ?

J'ai 24 ans d'expérience sur le 737. C'est le premier avion sur lequel j'ai volé en arrivant chez Lufthansa. Je suis resté copilote quatre ans avant de suivre la trajectoire classique et passer copilote sur long-courrier, sur 747. Puis je suis revenu en tant que commandant de bord sur 737. Cela fait longtemps, vingt ans maintenant, mais j'ai toujours aimé piloter cet avion.

Qu'est-ce qui le rend si spécial à vos yeux ?

Pour moi, il y a deux choses qui le rendent spécial. D'abord, il a un équipage réduit donc c'est une petite communauté qui vole dessus dans laquelle tout le monde se connaît puisqu'on vole cinq jours par semaine dans toute l'Europe. C'est un petit peu comme un événement de team building, c'est très agréable. Et d'un point de vue technique, j'aime cette sensation très directe de pilotage. Sur le 737, ce sont de vrais câbles qui relient les commandes et les gouvernes et vous sentez vraiment le vent et la vitesse. Si je veux aller à droite, je dois vraiment tirer à droite sur le manche, ce n'est pas un ordinateur qui envoie la commande.

Et qu'a le 737 de spécial pour Lufthansa ?

C'est Lufthansa qui est à l'origine du concept. Dans les années 60, la compagnie a demandé à Boeing un type d'avion plus petit que le 707 et le 727, destiné à des vols plus courts entre des villes secondaires. Boeing n'était pas très enthousiaste et a répondu que les Etats-Unis n'avaient pas besoin d'un avion comme ça, qu'il était trop petit et son rayon d'action trop court. Mais Lufthansa a insisté. Puis il y a eu la demande de United, qui a aussi eu besoin d'un avion de ce gabarit et qui a rejoint Lufthansa comme client de lancement. Lufthansa est devenu opératrice de lancement, avec le premier vol du 737-100 le 10 septembre 1968.


Pourquoi ne pas avoir opté pour le 737 MAX pour la suite ?

Effectivement, les 737 seront remplacés par les A320neo. Nous avons lancé un vaste appel d'offres il y a deux ans. Lufthansa était sur le point d'acheter 50 à 70 Boeing 737 MAX et le groupe a longtemps hésité avant de se décider pour Airbus. La raison est que Lufthansa voulait des synergies avec ses filiales et voulait harmoniser sa flotte pour assurer une plus grande flexibilité à ses opérations : il est plus simple de s'organiser en fonction de la demande quand on peut changer de module d'avion, entre A320 ou A321, sans avoir à changer d'équipage.

Les pilotes de 737 ont-ils déjà été requalifiés ?

Jusqu'au week-end dernier, nous avions six 737 qui volaient et 115 pilotes qualifiés sur la flotte. Ils vont principalement être transférés sur Airbus et commenceront la formation en novembre. Pour la plupart, ils passeront sur A320 mais certains ont eu l'opportunité de passer sur long-courrier, sur A330 voire sur A380 (mais beaucoup moins parce que les places sont rares) ou sur 747. Moi, je changerai en janvier parce que je piloterai les tout derniers vols. Ensuite, je passerai sur 747-400 et 8. J'aurais aussi bien pu changer pour l'A380, j'ai mis du temps à me décider. D'un côté j'ai les yeux plein de larmes à l'idée de ne plus voir Bobby voler mais d'un autre côté je suis très heureux parce que je passe sur long-courrier, je vais voir de nouvelles choses et ma carrière va continuer.


Ulrich Pade accompagnera les derniers 737 en Floride, où ils seront revendus. Mais l'histoire du 737 se poursuivra au sein du groupe grâce à Lufthansa Technik. La filiale maintenance garde deux 737-500 (D-ABIA et D-ABJI) dans ses hangars pour la formation de ses techniciens, car elle a la responsabilité de la MRO de 562 de ces Boeing, en service auprès de 43 clients. Alors qu'elle se prépare pour les futurs 737 MAX, elle vient de décrocher un contrat avec CFM International lui permettant d'entretenir les moteurs LEAP-1B à Hambourg.


 
 
 
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